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Assia Djebar : « La soif » et « La femme sans sépulture », au cœur des débats à Alger

L’Anep a organisé vendredi à la librairie Chaïb Dzaïr un débat sur deux œuvres liées à la révolution de l’écrivaine Assia Djebar.

Assia Djebar : « La soif » et « La femme sans sépulture », au cœur des débats à Alger
L’œuvre d’Assia Djebar est au cœur des débats avant la remise du Grand Prix / Source image : DR pour TSA
Kenza Adil
Durée de lecture 2 minutes de lecture
Clock 2 minutes de lecture

En cet après-midi du vendredi 16 octobre, s’est tenue une rencontre littéraire sur Assia Djebar organisée par l’ANEP (Entreprise nationale de communication, d’édition et de publicité) au niveau de la librairie Chaïb Dzaïr (Alger-centre).

Ce rendez-vous littéraire intitulé « Quand la mémoire devient écriture : voix, histoire et transmission » s’inscrit dans le cadre de la 8ᵉ édition du Grand Prix Assia Djebar du Roman, dont la cérémonie se tiendra ce samedi au CIC (Centre International des Conférences Abdelatif Rahal) et dont les noms des lauréats sont très attendus.

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Analyse de deux romans majeurs

La conférence a été animée par deux professeurs universitaires : Amar Guendouzi, professeur de littérature universelle à l’Université de Tizi-Ouzou, et Nabila Zouiche, professeur de Lettres arabes, au sein de la même université. La modération a été assurée par Hassan Gherab.

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Dans sa présentation, Amar Guendouzi s’est intéressé à « La soif », premier roman publié par Assia Djebar en 1957, aux éditions Julliard, à Paris.

« Ce roman écrit par Assia Djebar en France a suscité une grande controverse à sa sortie. D’abord, il a été saisi par la presse coloniale qui a comparé l’écriture d’Assia Djebar à celle de Françoise Sagan, puis a été critiqué par des Algériens comme Mustapha Lacheref et Malek Haddad qui ont déploré la déconnexion totale de la romancière de la guerre d’Algérie, puisque l’auteure n’y fait pas référence ».

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Selon le conférencier, dans « La soif », il n’y a aucune indication géographique ou temporelle. « Le roman a pour cadre une ville côtière dont le nom n’est pas dévoilé. Pour autant, ce premier ouvrage écrit à l’âge de 20 ans n’exprime pas le reniement de l’écrivaine, mais une quête de retour au pays natal », explique-t-il.

Nabila Zouiche, quant à elle, a choisi d’analyser un autre roman d’Assia Djebar, « La Femme sans sépulture », publié en 2002, une œuvre qui mêle l’histoire, la mémoire, la voix des femmes et la guerre de Libération.

La célèbre écrivaine y rend hommage à Zoulikha Oudaï, une militante de la lutte de Libération nationale qui a été arrêtée durant la révolution par l’armée française et dont le corps fut balancé d’un hélicoptère.

Son cadavre n’a jamais été retrouvé, d’où le titre : « La femme sans sépulture ». « C’est une narration polyphonique, basée sur plusieurs voix. Assia Djebar y révèle des détails de la vie privée de Zoulikha, une femme de Cherchell, ville de naissance de l’écrivaine et académicienne. Assia Djebar redonne également une place aux femmes oubliées de l’Histoire, dans ce roman », détaille la conférencière.

Échanges avec le public

Cette conférence, portant sur l’œuvre et la carrière de l’écrivaine, romancière, essayiste et cinéaste (1936-2015), a été suivie par un débat avec le public.

Le compte à rebours a déjà commencé. La cérémonie de la 8ᵉ édition du Grand Prix Assia Djebar du Roman, récompensant les meilleurs romans de la littérature algérienne parus durant ces deux dernières années en arabe, français et tamazight, aura lieu demain soir, au CIC (Centre International des Conférences Abdelatif-Rahal).

Lien permanent : https://tsadz.co/s9sbs

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