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« Personne n’a le droit de bloquer un journal ou un site »

Alors que TSA est bloqué depuis plus d’un mois sur les réseaux d’Algérie Télécom et de Mobilis, le journal arabophone El Fadjr est privé de publicité publique et risque bientôt de fermer. Hier lundi, sa directrice Hedda Hazem a entamé une grève de la faim. Que pensent les députés de ces différentes atteintes à la liberté d’expression ?

Ramdane Taazibt, député du PT : « Lorsqu’il y a une régression sur le plan social et économique, celle-ci est toujours accompagnée par une régression politique y compris dans les droits démocratiques. Aujourd’hui, la (liberté) de la presse comme la démocratie tout court est remise en cause par la décomposition ambiante. Mais ce n’est pas que les pouvoirs publics qui utilisent l’arme de la publicité. Il y a aussi les lobbies qui veulent s’accaparer des médias afin d’influencer les choix politiques et les masses. C’est une question qui doit interpeller les partis, les militants et même l’État ».

Fetta Sadat, député du RCD : « Nous avons déclaré à plusieurs reprises que nous sommes loin d’un État de droit en Algérie et que le régime en place abonde dans le sens des restrictions flagrantes et éhontées de tout ce qui concerne les droits et libertés fondamentaux des citoyens algériens. Cela constitue, évidemment, une entorse flagrante au principe de la Constitution. Dans la loi fondamentale, plusieurs articles préconisent et consacrent la liberté d’opinion, de la presse et d’expression. Sur le terrain, les pratiques indiquent tout à fait le contraire ».

Nasser Hamdadouche, député et chef du groupe du MSP : « On regrette cette régression en matière de certains droits et libertés fondamentales dont la liberté d’opinion et d’expression et ces restrictions subies par des journalistes et des médias. Aujourd’hui, on parle de dizaines de journaux qui ont fermé et des journaux qui souffrent des pressions à travers l’arme redoutable du pouvoir, la publicité. C’est aussi une atteinte aux droits du citoyen dont le droit à l’information. Et cela n’honore pas l’Algérie ».

Said Lakhdari, député et chef du groupe du FLN : « La liberté d’expression et la liberté de la presse sont garanties par la Constitution. Personne n’a le droit d’empêcher les journaux d’écrire. En même temps, il y a une règle universelle qui est le respect d’autrui et l’éthique. En ce qui concerne l’affaire d’El Fadjr, je n’ai pas tous les éléments pour parler de ce sujet. Pour ce qui est (du blocage) de TSA, personne n’a le droit de bloquer un journal ou un site. Il faut laisser les gens s’exprimer. Et nous sommes là pour accompagner nos amis journalistes et rédacteurs en chef quand ils nous sollicitent ».

Lakhdar Benkhelaf, député et chef groupe parlementaire de la coalition Nahda-Adala-Bina : « Nous condamnons tout ce qui se passe dernièrement avec les médias. Nous voulons que la liberté de la presse soit instaurée. Mais on constate une régression dans ce domaine ces dernières années et surtout ces derniers mois notamment avec l’affaire de TSA et plus récemment El Fadjr. Le pouvoir veut fermer les médias et restreindre la liberté de la presse. Dimanche, nous avons entamé les débats autour du projet de Loi de finances 2018 sans la retransmission en direct sur la télévision»

Noura Labiod, député du RND : « En réalité, la presse est le quatrième pouvoir comme on dit. Nous sommes pour l’octroi de plus de liberté à la presse qui donne une force et un poids à l’État. Nous sommes contre toute action répressive. En même temps, il y a des lois qui s’appliquent sur tout le monde. Pour l’affaire d’El Fadjr, je n’ai pas une idée sur le dossier. Mais je suppose qu’il y a des solutions administratives avant d’aller vers la grève ».

Hadj Belghaouti, député et chef du groupe du Front El Moustakbal : « Pour nous, la liberté totale que devrait avoir la presse ne peut pas être remise en cause. Nous sommes contre les lois qui limitent cette liberté comme nous sommes également contre les dépassements et les pressions subies par les médias ».

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