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Calme précaire à Alger, la rue s’interroge sur la suite

Place Maurice Audin à Alger, en ce lundi 04 mars 2019, au lendemain de la fin de la date légale du dépôt des dossiers de candidatures à l’élection présidentielle du…

Calme précaire à Alger, la rue s’interroge sur la suite
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Place Maurice Audin à Alger, en ce lundi 04 mars 2019, au lendemain de la fin de la date légale du dépôt des dossiers de candidatures à l’élection présidentielle du 18 Avril prochain. Le calme est revenu sur les lieux après les manifestations d’hier soir contre la candidature du président Abdelaziz Bouteflika pour un 5e mandat de suite. En ce lundi matin, sous un soleil printanier, rien ne semble en effet supposer la moindre velléité de manifestation.

Face au dispositif policier imposant déployé le long du boulevard longeant l’Université Benyoucef Benkhedda (Fac centrale), on remarque une activité ordinaire, chacun vaquant à ses occupations. D’ailleurs, les commerçants ont ouvert leurs boutiques normalement. Les chapiteaux installés par les artisans sont également là, devant la Faculté centrale et à la placette de la Grande Poste. Très forte le matin, la présence policière se fait de moins en moins visible aux alentours de la rue Larbi Ben M’hidi ainsi qu’à la place Emir Abdelkader.

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Rires, causeries… L’ambiance est bon enfant. Cependant, ce calme de façade cache en réalité un autre sentiment, un mélange de colère et d’écœurement. L’incertitude qui règne autour de cette élection présidentielle, décidément pas comme les autres, ajoute encore à cette sensation. C’est d’ailleurs ce qui ressort des discussions que nous avons eues avec quelques citoyens rencontrés dans des cafés devant la Fac centrale.

« C’est un véritable cirque auquel nous assistons. Je ne sais même pas s’il faut en rire ou en pleurer », commente un étudiant attablé avec deux de ses amis. « Ce qui se passe est une honte. Nous sommes devenus la risée du monde entier », reprend son camarade. Il fait référence au maintien de la candidature du président sortant malgré son état de santé et le rejet exprimé par de larges pans de la société. « On piétine la loi sans vergogne. On parle de continuité, nous voulons un changement radical. Nous voulons vivre et cette situation actuelle ne nous le permet malheureusement pas. Nous en avons marre ! », clame un troisième étudiant.

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Délaissant la lecture de son journal, un autre client du café se penche vers nous et lance : « La loi dit que le candidat doit déposer personnellement son dossier auprès du Conseil constitutionnel. Bouteflika a délégué son chef de campagne pour le faire à sa place. Comble de l’ironie, le dossier comporte un certificat de bonne santé alors que tout le monde sait qu’il se soigne depuis plus d’une semaine en Suisse ».

« Nous assistons à véritable cirque », fulmine un retraité rencontré à Place Emir Abdelkader. Pour lui, l’état de crispation qui prévaut sur la scène politique annonce des lendemains des plus incertains. « Nous ne voudrions surtout pas qu’il y ait effusion de sang, mais la volonté populaire doit être respectée », estime ce vieil homme coiffé d’une chéchia.

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Nombreux sont les Algérois qui relèvent également le côté burlesque de cet épisode électoral, en particulier le dernier acte caricatural offert par le candidat à la candidature Rachid Nekkaz connu pour ses sorties fantasques. « Franchement, en voyant son homonyme assailli par les journalistes j’ai éclaté de rire. Mais en même temps, ça a laissé chez moi un sentiment que cette mise en scène démontre le peu d’égard qu’a la classe politique envers la population », témoigne un quinquagénaire.

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