
Le débat en France sur les visas pour les Algériens se poursuit. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a été interpellé à l’Assemblée nationale, mardi 21 juillet, sur les propos tenus sur le sujet par l’ambassadeur de France en Algérie. Le ministre a fait état d’une baisse sensible du nombre de visas délivrés du fait de la crise bilatérale.
Dans un entretien diffusé sur TSA mercredi 15 juillet, Stéphane Romatet, ambassadeur de France à Alger, a évoqué la possibilité de revenir au niveau d’avant la crise en termes de visas octroyés aux demandeurs algériens, soit à peu près 250 000 visas par an.
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“Ce chiffre a chuté et notre objectif c’est de faire en sorte que ce volume de visas que nous attribuons aux citoyens algériens qui ont toutes les bonnes raisons pour venir en France, que ce chiffre puisse redémarrer à la hausse et de revenir probablement au niveau antérieur à la crise”, a dit M. Romatet.
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Ces propos ont suscité une levée de boucliers parmi la droite et l’extrême droite, auxquelles le Quai d’Orsay et l’Élysée ont réagi, indiquant qu’“aucun objectif chiffré n’a été fixé”.
Mardi dernier, Jean-Noël Barrot a été interpellé lors d’une séance de questions au gouvernement par la députée Edwige Diaz, vice-présidente du Rassemblement national (RN).
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“Je me fais le relais de très nombreux Français qui ont découvert avec effroi les déclarations de votre ambassadeur en Algérie. Dans un média local, il a annoncé que la France souhaitait délivrer 250 000 visas par an aux ressortissants algériens”, a-t-elle entamé sa question, estimant que cette déclaration du diplomate français est “économiquement suicidaire” et “diplomatiquement délétère”.
“Depuis que la crise a éclaté avec Alger, le nombre de visas a baissé de 20 %”
Dans sa réponse, le chef du Quai d’Orsay a mis un chiffre sur la baisse des visas délivrés aux Algériens du fait de la crise bilatérale déclenchée en juillet 2024. “Depuis que la crise a éclaté avec Alger, leur nombre (les visas, ndlr) a baissé de 20 % – c’est l’écart entre 2025 et 2024”, a-t-il fait savoir. En 2024, la France a accordé un peu plus de 250.000 visas aux Algériens. Une baisse de 20% signifie que 200.000 visas ont été accordés en 2025.
Jean-Noël Barrot a expliqué cette baisse principalement par la “restriction” du réseau diplomatique “décidée par le gouvernement algérien”. En avril 2025, au paroxysme de la crise, les deux pays avaient procédé à des expulsions réciproques d’agents consulaires.
“Depuis, a ajouté le chef de la diplomatie française, dans l’intérêt de la France et des Français, nous avons engagé une nouvelle dynamique avec les autorités algériennes, car nous avons des intérêts à défendre, en matière de politique migratoire, de sécurité ou de lutte contre le narcotrafic ou le terrorisme.”
Barrot sur les visas : “Notre politique ne répond à aucune logique de volume ou de quotas”
“Il n’y a aucun objectif chiffré. Notre politique ne répond à aucune logique de volume ou de quotas. Elle ne dépend que de l’appréciation de nos intérêts à défendre”, a-t-il insisté, soulignant que “le réengagement avec l’Algérie est progressif, réversible et conditionné aux résultats que nous obtiendrons”.
Mercredi, à l’issue d’une réunion du conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a indiqué que le président Emmanuel Macron “a tenu à corriger les propos de notre ambassadeur en Algérie qui ont été très relayés ces derniers jours, notamment sur le nombre de visas”, précisant qu’ “il n’y a aucun objectif chiffré en matière de visas” et “aucun laxisme de la part de la France”.
La porte-parole de Matignon a rappelé que c’est Emmanuel Macron qui a baissé le nombre de visas pour les Algériens, qui était, au moment de sa première élection en 2017, de 500 000 visas par an.