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Campagne pour les locales : quand les politiques ne font pas attention à ce qu’ils disent

La campagne pour les élections locales bat son plein depuis plusieurs jours, chaque parti tente de sortir son épingle du jeu afin de remporter un maximum de communes.

Plusieurs partis ont notamment cherché à se distinguer dans leur tentative de conquérir les votes, et ont eu pour conséquence d’user et d’abuser d’une stratégie et d’une rhétorique pour le moins douteuses.

Le dernier cas en date est représenté dans les propos tenus par le président d’El Islah, Filali Ghouini, qui a affirmé la nécessité de « rompre avec la mentalité du douar dans la gestion des APC ». « Nos élus sont tenus de proposer un nouveau modèle de représentation pour les citoyens au niveau des collectivités locales. Il faut rompre avec la mentalité du douar dans la gestion des APC », a-t-il déclaré.

Qu’insinue donc le président d’El Islah ? Filali Ghouini semble oublier que ce sont justement les votes des électeurs des dits douars qu’il est supposé obtenir afin de remporter les prochaines élections locales. En étant si prompt à critiquer leur supposée mentalité, le président d’El Islah risque surtout de s’aliéner toute une partie de la société algérienne représentée par les douars.

Et même lorsqu’il s’agit de contrer ce désengagement de la population vis-à-vis des élections, des partis politiques trouvent le moyen de choisir la pire stratégie. « Ils voient le mal et ne disent rien. Certains restent chez eux et ne vont pas voter. Pire, ils rient en disant ‘’moi, je n’ai jamais voté’’. Ils pensent avoir réalisé une grande prouesse », a critiqué Abdelaziz Bélaïd, président du Front El Moustakbel. À défaut de les convaincre, ce dernier choisit donc de mépriser et de culpabiliser les électeurs qu’il est supposé tenter de mobiliser. On se demanderait presque si ces propos ne sont pas justement là pour pousser les citoyens un peu plus vers l’abstention…

Le président du Front El Moustakbel pourra toujours se consoler du fait qu’il n’aura pas insulté toute la catégorie des personnes handicapées. Ce funeste privilège aura été obtenu par Abdelmadjid Mensara, président du MSP. Pour critiquer l’incompétence de certains élus, le président du MSP a en effet appelé à laisser le peuple choisir. Ce dernier « montrera la différence entre un élu responsable, un élu handicapé. Un élu qui s’occupe réellement des préoccupations des citoyens et un élu qui attend que des ordres lui viennent d’en haut, de la daïra et de la wilaya », a déclaré Mensara qui oppose ainsi la compétence au handicap, et associe à cette dernière la servitude.

Nul doute que cette analogie très maladroite ne sera absolument pas au goût des plus de deux millions d’Algériens vivant en situation de handicap. Même si l’on suppose que l’intention du président du MSP n’était pas d’offenser, les mots se doivent d’être pesés et repesés, surtout lorsqu’on les prononce durant une campagne électorale…

Mais s’il y a un homme politique qui ne fait pas trop attention à ce qu’il dit, c’est bien Djamel Ould Abbes. Depuis le début de la campagne électorale, le chef du FLN multiplie les bévues. Après avoir déclaré que Dieu et le FLN sont les seuls à connaître le nom du futur président de la République, il n’a pas hésité à lancer à partir de Relizane : « Que sa mère pleure, pas ma mère ». Ould Abbes s’adressait ainsi à ses adversaires politiques…

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