
Même si le Maroc remporte la coupe d’Afrique des nations 2025 qu’il organise, l’histoire retiendra qu’il ne l’aura pas fait à la loyale. Les coups de gueule d’indignation sur les plateaux TV mondiaux hanteront pendant longtemps la confédération africaine de football (CAF) et l’organisation marocaine. Avant même sa fin, cette CAN 2025 est déjà la pire de toutes.
Beaucoup de scandales d’arbitrage ont éclaboussé la compétition. Des observateurs marocains eux-mêmes expriment leur dépit et disent franchement qu’ils ne veulent pas d’un tel trophée alors que leur sélection dispose de grands joueurs capables de faire gagner au royaume son deuxième titre africain après cinquante ans d’attente.
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Un acharnement méthodique
Est-ce cette longue disette qui fait que Fouzi Lekjaa, le président de la fédération marocaine et membre influent de la CAF, veuille coûte que coûte faire gagner son équipe ? Il y a sans doute cette volonté de briser le signe indien, mais pas seulement.
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L’obsession de l’Algérie est aussi un élément qui détermine le comportement des officiels marocains depuis le début de la compétition. Ceux qui parlent d’une “CAN politique” n’ont pas tort. Plus que celui de remporter le trophée, l’enjeu pour les autorités marocaines est aussi que l’Algérie ne le soulève pas sur leur terre. Et il ne s’agit pas d’une vue de l’esprit, comme le montre un précédent qui remonte à seulement quelques années.
On a tout fait pour éliminer l’équipe d’Algérie depuis son arrivée à Rabat. D’abord par des tentatives de déstabilisation psychologique. Les Algériens ont fait l’objet de nombreuses fake news largement reprises par les médias et les réseaux sociaux marocains. Ils ont été accusés tour à tour d’avoir caché le portrait de Mohamed VI à l’hôtel Mariott de Rabat, puis de vol de ballons, ou encore de cacahuètes…
Une victoire de l’Algérie au Maroc est politiquement inenvisageable pour le pouvoir marocain
Il y a aussi cet autre fait auquel personne ne trouve d’explication. Pendant les matchs de l’Algérie, des places dans le stade restent vides alors que les supporters restent dehors, faute de billet.
La plateforme officielle de vente n’affiche pas que les tickets sont épuisés pour les matchs de l’Algérie, mais ne donne pas la main pour acheter. Certains soupçonnent une désactivation volontaire.
Enfin, sur le terrain, l’Algérie n’a pas pu aller au-delà des quarts de finale. Il est vrai que le Nigeria était trop fort, mais le comportement des arbitres laisse penser que les instructions ont été données à l’avance.
Le Maroc aussi a une bonne équipe, capable de battre sportivement l’Algérie, mais on voit mal Fouzi Lekjaa et derrière lui tout le pouvoir marocain prendre le risque d’une demi-finale Maroc-Algérie où tout est possible. Une élimination à domicile devant les Verts serait pour le Maroc, dans la conjoncture actuelle, bien plus qu’une défaite sportive.
Dans un autre contexte, bien moins tendu, les Marocains avaient sacrifié l’organisation d’une CAN pour ne pas subir l’affront de voir l’Algérie soulever le trophée sur leur terre. Du moins, c’est le sens donné par les observateurs au désistement soudain du Maroc à organiser la CAN 2015, trois mois avant le rendez-vous. Officiellement, les autorités marocaines avaient prétexté la propagation dans certains pays africain de l’épidémie d’Ebola. La CAF a dû délocaliser la compétition en Guinée équatoriale.
À l’époque, beaucoup d’observateurs ont vu dans l’attitude du Maroc un subterfuge pour éviter le scénario catastrophe d’une victoire en terre marocaine de l’Algérie, alors favori en puissance après sa belle coupe du monde 2014 au Brésil.