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Ce qui s’est passé entre Karim Younès et les étudiants

Ce qui s’est passé entre Karim Younès et les étudiants

Un groupe d’étudiants a fait une entrée fracassante, ce samedi 17 août, dans la salle où se tenait une rencontre du panel de médiation et de dialogue présidé par Karim Younès. L’ordre du jour portait sur l’installation du Comité des sages.

Samy, un jeune étudiant connu pour sa participation aux marches étudiantes chaque mardi, se saisit d’un micro-baladeur et s’adresse directement à Karim Younès. « M. Karim Younès est-ce que ce gouvernement est légitime ? », interroge d’emblée le jeune étudiant.

Calmement, le coordinateur du panel de méditation et de dialogue se lève et lance : « nous avons déjà dit lors de notre rencontre avec le président de l’État que certaines mesures d’apaisement sont absolument nécessaires… ». Il est vite interrompu par son interlocuteur. M. Younès allait poursuivre sur sa lancée lorsqu’un présent apostrophe vigoureusement le jeune étudiant : « ce peuple tu ne peux le représenter tout seul ! ».

Un énorme brouhaha s’ensuit, les voix s’élèvent et les esprits s’échauffent. Karim Younès parvient finalement à reprendre la parole : « nous avons demandé certaines mesures parmi lesquelles celle d’écarter le gouvernement actuel de toute prise de décision ». Samy l’interrompt à nouveau : « ce gouvernement est donc illégitime, il est venu avec des lois illégales ! » Et de poursuivre : « je veux juste faire passer un message : le gouvernement de Bensalah je n’en parlerai pas parce qu’il est illégitime. Deuxièmement, ce gouvernement qui avait l’habitude de truquer les élections, nous n’en voulons pas. Nous voulons qu’il démissionne. Nous appelons pour une justice indépendante ».

Samy critique également le travail des chaines de télévision algériennes coupables, selon lui, de ne « filmer que ce qu’elles veulent montrer et ignorent les marches réprimées des étudiants ! » Le jeune homme dément l’intention des étudiants de vouloir porter atteinte à l’armée. « Certains disent que nous voulons casser notre armée, cela ne se produira jamais ! ». Là encore un énorme vacarme s’ensuit…

Interrogé par TSA, Samy explique la démarche des étudiants. « Nous avons décidé de mener cette action parce que nous avons appris la présence d’étudiants qui prétendaient nous représenter au sein de l’Instance. Or, nous refusons ce dialogue et les élections avec ce gouvernement illégitime ».

Samy poursuit : « une fois à l’intérieur, ils nous ont demandé de sortir et de désigner des représentants pour parler. Nous avons accepté. Mais dès que j’ai appris le micro, ils ont foncé sur nous pour nous empêcher de parler. J’ai simplement voulu faire passer un message, à savoir que nous sommes contre ce dialogue et contre les élections avec ce gouvernement ».


RAJ dément toute implication

Mise en cause par plusieurs chaînes de télévision, l’association RAJ a démenti en fin de journée être liée à l’opération menée par les étudiants.

« Le RAJ toute en exprimant son indignation et sa colère informe l’opinion publique qu’elle n’est associée ni de près ni de loin au rassemblement tenu aujourd’hui », écrit l’association dans un communiqué.

RAJ « dénonce le parti pris de ces médias, condamne la désinformation, l’intox et la manipulation à des fins et desseins non avoués qui tentent visiblement de porter atteinte à l’image de l’association et de son combat, car engagée aux côtés des jeunes et dans le mouvement citoyen qu’elle considère comme un prolongement de son combat qui remonte déjà à des dizaines d’années », ajoute le communiqué.

L’association « réitère son soutien inconditionnel au mouvement populaire pacifique du 22 février et au mouvement de la communauté universitaire, des étudiants que nous considérons l’élite de la jeunesse, et avec laquelle nous partageons le même combat et la même aspiration pour que la jeunesse se réalise et se projette dans notre pays en tant qu’acteurs du changement et de construction d’un avenir meilleur », conclut le communiqué.

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