
La famille du journaliste français Christophe Gleizes a transmis une demande de grâce au président de la République Abdelmadjid Tebboune, rapporte l’AFP ce lundi 15 décembre.
Le journaliste a été condamné en appel par la cour de Tizi-Ouzou, le 3 décembre, à 7 ans de prison ferme pour “apologie du terrorisme”, après avoir écopé de la même peine en première instance en juin dernier. Ses avocats ont par ailleurs introduit un pourvoi en cassation.
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L’appel au président de la République a été lancé par la mère du détenu, Sylvie Godard, via une lettre consultée par l’agence de presse française. “Je vous demande respectueusement de bien vouloir envisager de gracier Christophe, afin qu’il puisse retrouver sa liberté et sa famille”, a-t-elle écrit.
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C’est par le biais d’un geste humanitaire du chef de l’Etat, sollicité par le président allemand Frank-Walter Steinmeier, que l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal a été remis en liberté le 12 novembre dernier après une année de détention en Algérie.
Sansal avait été condamné par la justice algérienne, également en première instance et en appel, à 5 ans de prison ferme pour “atteinte à la sûreté de l’Etat et à l’intégrité du territoire national”.
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La confirmation de la condamnation de Gleizes le 3 décembre a été “un choc immense” pour le journaliste et sa famille, a écrit sa mère dans sa lettre au président algérien, ajoutant que “nulle part dans aucun de ses écrits vous ne trouverez trace d’un quelconque propos hostile à l’Algérie et à son peuple.”
La justice algérienne reproche notamment au journaliste des contacts avec le MAK, un mouvement classé terroriste en Algérie depuis 2021.
Appel à la grâce et pourvoi en cassation dans l’affaire du journaliste Christophe Gleizes
Simultanément à la sollicitation par sa famille d’une grâce présidentielle, Christophe Gleizes a introduit un pourvoi en cassation afin d’obtenir un troisième procès. L’information a été confirmée dimanche par ses avocats algérien Amirouche Bakouri et français Emmanuel Daoud.
Comme celle de Boualem Sansal, la détention de Christophe Gleizes est instrumentalisée à outrance par l’extrême-droite française dans sa campagne de dénigrement de l’Algérie. Les autorités françaises, dans un contexte de tentative de rapprochement avec l’Algérie, optent, elles, pour la prudence.
Au lendemain de la condamnation en appel du journaliste, l’Elysée a promis d’ “agir auprès des autorités algériennes pour obtenir sa libération et son retour en France dans les plus brefs délais.
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez a indiqué pour sa part qu’il maintenait sa visite prévue à Alger, au cours de laquelle la libération de Christophe Gleizes sera “un élément majeur” des discussions, a-t-il dit.