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Cinquième mandat : la « liste » de Tliba sème le trouble

Cinquième mandat : la « liste » de Tliba sème le trouble

Un peu plus d’une année nous sépare des élections présidentielles de 2019. Et comme d’habitude, les manœuvres sont dirigées par le FLN en ce début d’année.

Cette fois, c’est le député FLN Baha Eddine Tliba qui prend de court tout le monde, y compris la direction de son propre parti, en annonçant la création d’une Coordination pour le soutien au cinquième mandat du président Bouteflika. Une initiative qui intervient au lendemain des déclarations de Djamel Ould Abbes interdisant aux militants du parti d’évoquer le cinquième mandat.

Sellal, Saâdani, Belkhadem…

Dans un entretien accordé, ce dimanche 4 février à TSA Arabi, le député annonce les noms des personnalités politiques qui ont rejoint son initiative. Parmi eux, figurent des poids lourds de la scène politique :

Deux ex-Premiers ministres, Abdelaziz Belkhadem et Abdlemalek Sellal, l’ancien secrétaire général du FLN Amar Saâdani ou encore d’ex-ministres comme Hamid Grine et Ouali Abdelkader.

Officiellement aucune des personnalités citées n’a confirmé son adhésion à cette initiative. Mais aucune n’a démenti publiquement. Mais, en privé, certaines de ses personnalités affirment « ne pas avoir été consultées » par Tliba. Comme l’opinion publique, ces personnalités affirment avoir appris l’information à travers la presse.

À priori, Tliba ne peut pas engager sa responsabilité et celles de plusieurs cadres de l’État sur un coup de tête dans un dossier aussi sensible. Mais dans le même temps, le député d’Annaba n’a pas la réputation d’être proche du cercle présidentiel. Et il est difficile d’imaginer des personnalités comme Sellal, Belkhadem et Saâdani qui ont dirigé et organisé les différentes campagnes du président, accepter de travailler sous la responsabilité de Tliba dont le passé au FLN est très récent.

Un autre détail affaiblit sérieusement l’initiative de Tliba, c’est la couleur politique de la fameuse coordination. Bouteflika se veut président « de tous les Algériens ». De ce fait, il a toujours tenu à associer des hommes politiques de différents courants dans ses campagnes et pré- campagnes électorales. Or, le noyau dur de la coordination Tliba est constitué de militants FLN. 

Paradoxalement, Tliba a fait l’annonce au lendemain d’une énième mise au point du secrétaire général du FLN, Djamel Ould Abbes, dans laquelle il interdit aux militants de parler du cinquième mandat. Avec son initiative, Tliba défie son patron : « Ould Abbes et d’autres responsables au sein de l’État ne peuvent rater le train du cinquième mandat », explique-t-il à TSA Arabi.

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