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Conflits sociaux : le gouvernement est-il dépassé ?

Le bras de fer engagé entre les médecins résidents et leur ministère de tutelle a atteint une situation de pourrissement avec le boycott des examens par les résidents et les…

Conflits sociaux : le gouvernement est-il dépassé ?
Mounir Acef
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Le bras de fer engagé entre les médecins résidents et leur ministère de tutelle a atteint une situation de pourrissement avec le boycott des examens par les résidents et les difficultés qui s’accentuent dans les structures hospitalières.

Le secteur de l’éducation est toujours sous la menace de nouvelles turbulences, avec l’annonce d’une grève cyclique du Cnapeste. Les prix flambent sur le marché, une situation qui ne risque pas de s’améliorer à l’approche du Ramadhan.

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Des ministres isolés

Face à cette situation, le gouvernement donne l’image d’une équipe incapable d’apporter des réponses. Malgré des tentatives de dialogue qu’elle a engagées, Nouria Benghabrit apparait esseulée sans soutien ni appui de la part du gouvernement.

Le même constat est valable pour le ministre de la santé. Alors qu’il ne cesse de rappeler que les problèmes posés par les résidents ne relèvent pas exclusivement de ses prérogatives, comme la question relative au service national, Hasbellaoui donne l’impression de prêcher dans le désert. Ni le ministère de la Défense nationale, ni le ministère de l’Enseignement supérieur, lui aussi englué dans la crise des ENS, n’ont volé au secours de leur collègue.

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Pour avoir tenté de jouer le « médiateur », le président de l’APN, visiblement non avisé sur les règles protocolaires et la « hiérarchisation » du pouvoir, a été violemment rappelé à l’ordre.

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Pour l’opposition, cette situation confirme les difficultés du pouvoir. « L’improvisation, l’imprévoyance, la légèreté qui président à la prise de décision gouvernementale, l’absence de cohésion gouvernementale sur des dossiers importants, les revirements du gouvernement et les aveux d’impuissance de membres du gouvernement sont autant d’éléments significatifs de la déliquescence continue des institutions de l’État et du degré de mauvaise gouvernance atteint par notre pays dont la source est le vide au sommet de l’État », souligne le parti de Benflis.

La solution sécuritaire

Faute de solutions et devant la « panne d’imagination », c’est au ministère de l’Intérieur auquel échoit la mission de contenir la contestation. La police et la gendarmerie sont fortement mobilisées pour empêcher les manifestations de rue. « Dos au mur et pour gagner encore du temps, le pouvoir délègue la gestion de la vie publique et des revendications sociales aux services de sécurité après avoir mis, depuis toujours, la vie politique entre les mains de sa police politique », analyse le RCD.

« La violence opposée aux mouvements de contestations déclenchés depuis plusieurs mois, dans plusieurs secteurs, notamment les médecins résidents, étudiants, enseignants ou retraités, contraste avec l’effacement de l’Exécutif pour ouvrir un dialogue dans le but de résoudre les problèmes au lieu des éternelles grossières opérations de manipulations et de divisions », souligne le parti.

Rumeurs

Cette situation explique-t-elle les rumeurs insistantes sur un imminent remaniement ministériel ? Possible, même si pour Seddik Chihab, Ahmed Ouyahia est la « cible d’une campagne ». Mais en « haut lieu », la hantise d’un « dérapage » et d’une « détérioration » de la situation semblent de plus en plus inquiétants, comme en témoignent les récents messages de Bouteflika et de Gaid Salah.

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« Il est crucial (également) de ne pas perdre de vue les enjeux de la conjoncture au vu de la recrudescence des risques et périls qui planent sur de larges pans de nos frontières et auxquels s’ajoutent la rude concurrence internationale et le conflit des intérêts économiques entre pays forts pour s’accaparer les ressources disponibles sans se soucier des faibles », a affirmé le président de la République samedi à l’occasion de la journée internationale des avocats.

« Ces réalités sont autant de facteurs supplémentaires qui doivent inciter les mêmes enfants de la patrie à la cohésion sociale, à la préservation de l’unité nationale et à l’atténuation des situations de tensions et de partis pris qui sont nuisibles au consensus dont nous avons si besoin en pareille conjoncture », a-t-il insisté.

« L’Algérie est une ligne rouge, nous avons insisté maintes fois, et nous le rappelons aujourd’hui, qu’il est absolument hors de question de toucher à sa sécurité ou aux ressources de son peuple », a affirmé, pour sa part, Gaid Salah depuis Constantine.

Si ces messages semblent s’adresser aux acteurs politiques et sociaux, il reste que pour l’opposition la cause de la « tension sociale » et de « l’impasse » à l’origine de la paralysie sont à rechercher dans la bataille en perspective de 2019.

« Le Comité central a vu dans l’affrontement des cercles du pouvoir par médias et clientèles interposés un facteur de risque sérieux de dérapage. Il a noté que, malheureusement, dans tous les scénarios qui s’élaborent au sein du sérail et dans sa périphérie autour de l’échéance 2019, la volonté populaire et les intérêts supérieurs du pays sont carrément ignorés », écrit ce dimanche Talaiou El Hourriyet.

Peu avant lui, le FFS relevait la « paralysie institutionnelle » qui semble frapper le pays. « Aucune institution gouvernementale n’apparaît en mesure de remplir ses missions. Cette situation est extrêmement dangereuse. Si certains clans du pouvoir, qui s’abreuvent aux sources de la manipulation politicienne, escomptent exploiter ce climat de dépolitisation et de désinstitutionalisation au profit de la prochaine élection présidentielle, ils font courir au pays des risques de dérapages qu’ils ne seront pas en mesure de contrôler », met-il en garde.

 

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