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Coronavirus : le hirak observe la trêve

Coronavirus : le hirak observe la trêve

Contrairement aux appréhensions de certains véhiculées sur les réseaux sociaux ou encore certains appels défiant tout bon sens, les Algériens ne sont pas sortis marcher ce vendredi.

Ni marche, ni rassemblement de quelque nature que ce soit n’ont été enregistrés dans les quatre coins du pays. Les mises en garde contre la propagation du coronavirus, les appels de nombreuses figures du hirak et d’autres acteurs politiques ainsi que l’inflation de l’information autour des ravages provoqués par l’épidémie dans le monde semblent avoir contraint les hirakistes à privilégier la voix de la raison.

À Alger, épicentre de la contestation depuis le 22 février 2019, les rues étaient quasiment désertes, ce vendredi en début d’après-midi, une première depuis le début du hirak.

Peu après l’appel à la prière qui ne s’est pas déroulée dans les mosquées en raison de leur fermeture, heure d’ordinaire qui donne le « la » à la marche, on a peine à croire qu’il y a une semaine encore elle était noire de monde. Rares étaient ceux qui se hasardaient à circuler.

Alors que le dispositif sécuritaire était réduit à sa plus simple expression, quelques jeunes bénévoles s’employaient à nettoyer les ruelles. Ce confinement était respecté aussi dans les villes de l’intérieur du pays, à se fier aux images et vidéos relayées sur les réseaux sociaux.

C’est la première fois depuis le 22 février 2019 que les Algériens, engagés dans la contestation, observent une trêve. Il faut dire que c’était prévisible : depuis mardi dernier, après que les étudiants aient décidé de ne pas manifester, en s’engageant dans une opération de sensibilisation, de nombreuses voix, y compris parmi les plus respectées au sein du hirak se sont élevées pour appeler à la suspension des marches en attendant le « retour » à la normale.

C’est le cas notamment des avocats, Me Mustapha Bouchachi ou encore Abdelghani Badi. Dans un communiqué, Karim Tabou a également estimé que « l’intelligence doit primer » pour préserver les acquis du « Hirak ».

« En révolution, la raison doit primer sur la passion », a estimé, pour sa part, Said Sadi. D’autres personnalités, comme Abdelaziz Rahabi, Nourredine Melikeci, Soufiane Djilali ont appelé à suspendre les manifestations. Des partis politiques comme Jil Jadid, le FFS, le RCD, le PT ont lancé le même appel à la trêve.

À cela s’ajoutent, bien entendu la prise de conscience générale sur les dangers de la pandémie, au cœur de l’actualité mondiale, la décision du président Tebboune d’interdire les rassemblements et les marches et les appels des médecins.

Ce renoncement, sans doute momentané, suscite déjà les louanges de nombreux internautes saluant le sens de « responsabilité » des hirakistes dans cette conjoncture exceptionnelle.

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