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Crise à l’APN : les troublantes insinuations de Ould Abbes

Crise à l’APN : les troublantes insinuations de Ould Abbes

Djamel Ould Abbes s’est exprimé, ce samedi 20 octobre, sur les développements de la crise qui secoue l’Assemblée Populaire Nationale. Le patron du FLN a, sans surprise, apporté son soutien à la démarche du bureau de l’APN qui a constaté mercredi dernier la vacance du poste de président de la chambre basse du Parlement.

« La constatation de la vacance a permis de sauver l’APN », a-t-il estimé. Mais la sauver de quoi ? Du blocage peut-être, mais surtout de la dissolution, une éventualité que redoutaient les députés de la majorité et même leurs partis respectifs.

D’ailleurs, Ould Abbès a entamé son discours devant les Mouhafadh réunis, au siège du parti, à Alger, par cette annonce destinée à rassurer tout le monde : la chambre basse du Parlement ne sera pas dissoute.

D’aucun avaient évoqué cette éventualité suite à la décision des députés contestataires de passer outre les textes pour pousser le récalcitrant Saïd Bouhadja vers la sortie.

Ould Abbes ne se soucie pas des soupçons d’illégalité qui entourent cette démarche, notamment le blocage de l’entrée principale du siège de l’APN à l’aide de grosses chaînes de fer pour empêcher son président d’accéder à son bureau.

Pour lui, l’essentiel était donc de « sauver l’institution » et avec elle, semble-t-il, tout l’édifice institutionnel et le calendrier électoral puisqu’il saisit l’occasion pour balayer d’un revers de la main une autre éventualité que certains présentaient comme très probable : le report de l’élection présidentielle du printemps prochain.

Dans leurs analyses, des observateurs avaient cru déceler les plans du pouvoir à travers la crise du Parlement. Laisser durer le bras de fer pour justifier la dissolution de la chambre basse du Parlement qui, à son tour, sera un motif valable pour reporter le scrutin présidentiel.

Bien au contraire, le système semble tenir plus que tout au respect de son calendrier, ou de son agenda et c’est ce qui, selon les propos de Ould Abbes, explique le soutien apporté par le FLN et les autres partis proches du pouvoir à leurs députés respectifs dans ce bras de fer.

« Je les salue pour leur sens des responsabilités, car par ce qu’ils ont fait, ils ont sauvé l’Assemblée au moment où nous attendent des échéances électorales cruciales, dont le renouvellement partiel des membres du conseil de la nation et l’élection présidentielle de 2019 ».

Ces mises au point faites, le chef du parti majoritaire annonce la reprise des activités de l’APN dès demain dimanche et tente, sans trop convaincre, de présenter tout ce que les anti-Bouhadja ont fait jusque-là comme une action légale et pacifique. Mais le discours de Ould Abbes est loin d’être sans intérêt puisque ses propos laissent deviner ce qui est reproché réellement au président de l’APN.

« Les députés ont fait un grand travail et ils ont tout le soutien de la direction du parti. Nous préservons les institutions de l’Etat et la stabilité, nous préservons l’intérêt national. Nul n’a le droit de porter atteinte à l’unité de l’Algérie. Celui qui veut nous créer des problèmes, je jure qu’il ne pourra pas le faire. Au FLN, on est vigilant. Le FLN est une institution de l’Etat algérien. Nous avons une responsabilité historique envers les générations futures, nous avons le sang d’un million et demi de martyrs sur les épaules, c’est pourquoi notre devoir sacré est de préserver l’Algérie, et personne ne pourra toucher à l’unité de l’Algérie pour assouvir quelque intérêt ou quelque ambition. »

En quoi l’entêtement de Saïd Bouhadja à s’accrocher à son poste et à la légalité constitue-t-il une atteinte à l’unité nationale ? Qu’elle est cette « ambition personnelle » à laquelle fait allusion de SG du FLN ? Des éclaircissements lui ont été demandés par les journalistes présents, mais Ould Abbes s’est refusé à toute explication. Quoi qu’il en soit, ses insinuations donneront matière à spéculer aux observateurs qui, depuis le début, ont lié la crise à des considérations régionalistes, assurant que la disgrâce de Saïd Bouhadja a commencé le jour où il aurait rencontré à Paris un certain Mouloud Hamrouche, issu comme lui de l’Est du pays…

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