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Algérie – Maroc : ce que la crise au Moyen-Orient révèle sur leur poids

La guerre contre l’Iran et la crise au Moyen-Orient et ses répercussions ont révélé le poids de l’Algérie et du Maroc face à l’Europe

Algérie – Maroc : ce que la crise au Moyen-Orient révèle sur leur poids
L'Europe courtise l'Algérie qu'elle a boudée et ignore le Maroc qu'elle a choyé. | Par Leo Altman - Adobe Stock pour TSA
Riyad Hamadi
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Alors que l’Europe se tourne vers l’Algérie dans une conjoncture difficile, le Maroc s’avère un partenaire inutile, presque à boulet.

Un paradoxe quand on sait l’alignement de nombreuses puissances du Vieux continent sur les thèses du royaume dans le dossier du Sahara occidental.

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C’est la deuxième fois en quatre ans que l’Algérie vole au secours de ses partenaires européens en affichant sa disponibilité à fournir le gaz dont ils ont besoin.

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Le pays se montre disponible pour répondre aux besoins de ses clients traditionnels, comme il l’a fait en 2022, sans chercher à faire de son gaz un outil de surenchère diplomatique.

Depuis le début de la guerre en Iran et la flambée des cours des hydrocarbures qui s’est ensuivie, l’Algérie est sollicitée de partout, particulièrement par l’Italie et l’Espagne, deux de ses plus gros clients auxquels elle est reliée par des gazoducs.

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En 2022, même la France avait demandé et obtenu des quantités supplémentaires de GNL (gaz naturel liquéfié).

 

L’Algérie, un “fournisseur fiable de l’énergie”

 

Depuis, des crises il y en a eu avec l’Europe. D’abord avec l’Espagne. Alger et Madrid ne se sont pas parlé entre mars 2022 et novembre 2024 et le commerce extérieur entre les deux pays était gelé pendant la même période.

Avec la France, la crise dure depuis juillet 2024, marquée par des actions inédites, comme l’expulsion réciproque d’agents diplomatiques, le retrait de l’ambassadeur d’Algérie à Paris et le rappel de celui de la France à Alger.

Malgré ces tensions, jamais les livraisons de gaz, autant pour l’Espagne que pour la France, n’ont été impactées. L’Algérie a fait du respect de ses engagements contractuels une constante qui lui vaut aujourd’hui la reconnaissance unanime des gouvernements et des observateurs comme “fournisseur fiable de l’énergie”.

Ce jeudi, le président Abdelmadjid Tebboune a reçu le ministre espagnol des Affaires étrangères José Manuel Albares, venu solliciter des quantités supplémentaires de gaz. La veille, c’est Giorgia Meloni, la présidente du Conseil italien, venue pour le même motif, qui a été chaleureusement accueillie par le président algérien.

Les deux responsables européens ont entendu le même engagement de l’Algérie à honorer ses engagements et à faire l’effort demandé dans la limite que permettent ses capacités de production et de transport.

Crédibilité et fiabilité de l’Algérie, chantage et scandales du Maroc

L’arrêt des livraisons des pays du Golfe à la suite du blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transitent 30% du pétrole et du gaz mondial, a pris de court les Européens. En plus de la flambée des cours, des inquiétudes pèsent sur la continuité des approvisionnements si la guerre en Iran venait à perdurer.

Dans cette conjoncture cruciale, c’est vers l’Algérie que l’Europe s’est tournée et non vers le Maroc.

Non seulement le royaume de Mohammed VI n’a rien à offrir, mais il est lui-même empêtré dans les retombées de la situation au Moyen-Orient, voyant ses difficultés économiques s’aggraver et le spectre de l’inflation record de 2022 planer de nouveau, devenant un véritable boulet pour ses partenaires.

Pour ne pas aller plus loin que ces dernières années, l’Europe n’a reçu du Maroc que chantage et scandales retentissants. En 2021, Rabat a lâché sa “bombe migratoire” sur l’Espagne en laissant des milliers de migrants envahir l’enclave de Ceuta.

Le royaume a agi ainsi jusqu’à réussir à forcer la main au gouvernement de Madrid sur la question du Sahara occidental, en mars 2022. La France a subi l’affront suprême de l’espionnage du téléphone de son président Emmanuel Macron par les services marocains via le logiciel espion israélien Pegasus, également en 2021.

Paris a subi les caprices de Rabat jusqu’à céder à son tour sur le même dossier, en juillet 2024.

Fin 2022, le Maroc a été pris la main dans le sac à Bruxelles dans l’affaire retentissante de la mise en place d’un réseau de corruption de députés européens.

 

Maroc, un seul dossier diplomatique

Sans atouts économiques, le royaume n’apporte rien non plus sur le plan politique et diplomatique. Sa diplomatie a un seul dossier : le Sahara occidental. Sur le reste, elle est inexistante.

Comme on le constate depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, sa diplomatie ne fait que ressasser son “soutien” aux monarchies du Golfe. Rabat réitère sans cesse son soutien aux pays du Golfe qui subissent les représailles iraniennes, mais sans susciter aucun intérêt.

Depuis plusieurs années, le Maroc a tout misé sur l’imposition du fait accompli de sa colonisation du Sahara occidental au détriment du reste, y compris de sa souveraineté bradée à Israël contre l’alignement de Washington sur ses thèses dans le même dossier.

 Incompréhensiblement, c’est pour ne pas fâcher cet “allié” qu’elles ne trouvent pas dans les moments difficiles, que la France et l’Espagne ont mis en péril leur relation avec un partenaire de l’importance de l’Algérie.

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