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Crise du ciel mondial : l’offensive à contre-courant d’Air Algérie

Air Algérie poursuit son offensive à contre-courant de la crise qui touche le ciel mondial en raison de la guerre au Moyen-Orient.

Crise du ciel mondial : l’offensive à contre-courant d’Air Algérie
Air Algérie : une offensive à contre-courant de la crise du ciel mondial | Par Eren Erol | Dreamstime.com pour TSA
Brahim Guendouzi
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En cette période estivale, saison de forte demande en voyages, le transport aérien fait face à de nombreuses contraintes, non pas à cause du taux de remplissage des avions, mais plutôt à des surcoûts liés à la hausse des prix du kérosène ainsi que la maintenance des appareils.

Dans ce contexte et à contre-courant des autres compagnies aériennes, Air Algérie continue de placer ses pions en multipliant les dessertes internationales.

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 La guerre, qui se déroule actuellement au Moyen-Orient, a fait grimper les prix   du combustible de plus de 80%, faisant augmenter les coûts d’exploitation des compagnies aériennes. Celles-ci sont amenées à revoir leur tarification sur la plupart des lignes régulières et appliquent des surcharges carburant sur toutes les réservations, rendant plus chers les billets de voyage.

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La guerre au Moyen-Orient modifie la géographie du ciel 

Par ailleurs, le conflit USA-Iran a profondément perturbée la géographie du ciel puisque les compagnies aériennes sont poussées à abandonner le corridor traditionnel Europe – Moyen-Orient – Asie en adoptant des détours coûteux tout en allongeant les délais de voyage.

Plus encore, on assiste à la saturation des voies de contournement provoquant souvent des retards et des files d’attente. Conséquence, les vacanciers se ruent sur les destinations sûres ainsi que les stations balnéaires. D’où l’impact sur la demande vers les grands hubs et une hausse de la tarification.

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Un autre phénomène plombe les transporteurs aériens, celui des difficultés rencontrées à renouveler leurs flottes vieillissantes du fait des énormes retards de livraison d’avions neufs de la part des grands constructeurs (Boeing et Airbus).

Faute de recevoir leurs nouveaux appareils dans les délais, les compagnies aériennes se contentent de prolonger la durée de vie des aéronefs vieillissants, plus gourmands en kérosène et avec des coûts de maintenance élevés.

Dans ce contexte, elles procèdent plutôt à un remodelage forcé des destinations afin de préserver autant que faire se peut la rentabilité. C’est à ce titre que certaines lignes sont fermées, les fréquences sont réduites pour d’autres, particulièrement sur des lignes secondaires, afin de concentrer la flotte disponible sur les liaisons estivales les plus lucratives ainsi que les grands hubs aériens.

A contre-courant, la compagnie nationale Air Algérie a commandé 28 nouveaux appareils (10 Airbus A330-900Neo, 10 Boeing 737 Max 8 et 8 Boeing 737 Max 9), et 16 avions ATR pour sa filiale Domestic Airlines. De cette commande, elle a réceptionné plusieurs appareils ces derniers mois (1 Boeing 737 Max 8, 5 Airbus A330-900 Neo et 1 ATR 72-600) dans le cadre d’un programme de renouvellement de sa flotte, se positionnant autrement par rapport à la concurrence étrangère.

 

Air Algérie profite de la crise du ciel mondial pour se déployer à l’international

Il s’agit d’une diversification puisque le pavillon national se retrouve sur de nouvelles lignes de moyen et long courrier.  A ce titre, plusieurs capitales et grandes villes à travers trois continents sont aujourd’hui desservies ou le seront au cours de cette année. On peut citer Kuala Lumpur (Malaisie), Guangzhou (Chine), Addis-Abeba (Ethiopie), N’Djamena (Tchad), Luanda (Angola), et bientôt Berlin (Allemagne), Varsovie (Pologne) et Séoul (Corée).

L’impact positif de ce redéploiement sera surtout sur l’aéroport Houari Boumediene d’Alger qui ambitionne de devenir un hub régional. Au demeurant, la gestion du trafic aérien et de l’infrastructure elle-même, conjuguée avec le développement à l’international de la compagnie Air Algérie, s’avèrent être un véritable atout en faveur de l’attractivité de la destination Algérie.

La plupart des compagnies aériennes rencontrent le problème de hausse des prix du kérosène, représentant une part importante des coûts d’exploitation. Surtout au niveau des pays importateurs nets d’énergie. Par ailleurs, les compagnies aériennes des pays du Moyen -Orient se retrouvent pénalisées par rapport au risque lié à cette région.

La question du renouvellement des appareils se pose également pour l’ensemble des transporteurs aériens, selon l’IATF. S’agissant d’Air Algérie, elle a pu renouveler une partie de sa flotte, ce qui lui facilite un redéploiement de ses lignes régulières.

La question du coût en kérosène se pose moins pour la compagnie nationale. Le choix des capitales à desservir, au-delà du facteur commercial, cela relève plus de la volonté politique et de la dimension diplomatique. Au demeurant, Air Algérie aura à l’avenir à faire preuve d’un management opérationnel efficace pour arriver à rentabiliser autant de lignes aériennes dans un contexte de forte concurrence et l’open sky.

*Economiste

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