
Le ministre qatari des Affaires étrangères, cheikh Mohamed Abderrahmane Al-Thani, a déclaré lundi que le « blocus » imposé à son pays par plusieurs États de la région le poussait de facto vers l’Iran.
« Ils accusent le Qatar d’être proche de l’Iran mais avec leurs mesures (..) ils poussent le Qatar vers l’Iran. Ils donnent le Qatar tel un cadeau à l’Iran », a-t-il déclaré lors d’une intervention à l’Institut français des relations internationales (Ifri) à Paris.
A lire aussi : Jamel Debbouze : son restaurant à Paris épinglé pour vente de vins israéliens
L »Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et Bahreïn – ainsi que l’Égypte – ont rompu début juin leurs relations diplomatiques et fermé leurs frontières avec le Qatar, lui reprochant de soutenir des groupes extrémistes et de se rapprocher de Téhéran, grand rival de Ryad.
« Est-ce leur objectif, plutôt que d’avoir une unité, de pousser un des pays fondateurs du Conseil de coopération du Golfe vers l’Iran ? Ce n’est pas un objectif raisonnable », a renchéri cheikh Mohammed.
A lire aussi : Le Sahara occidental au Ticad 2025 : nouveau revers pour le Maroc
Face à ce « blocus », le Qatar n’a pas d’autre issue que de se tourner vers l’Iran, « seul pays (de la région) qui ait laissé ses frontières, son ciel ouvert », a-t-il souligné.
Le ministre a accusé les pays voisins de « clairement tenter d’imposer un changement de régime de l’extérieur » à Doha parce que le Qatar « ne partage pas leur vision » et de « menacer indirectement de recourir à la force militaire ».
A lire aussi : Gaza : l’ONU déclare officiellement l’état de famine et accuse Israël
Doha a des « différences avec l’Iran sur beaucoup de questions régionales » mais « nous avons décidé de les régler à travers le dialogue », a martelé le chef de la diplomatie qatarie.
Concernant l’accord sur le nucléaire iranien, dont l’avenir semble de plus en plus incertain, le Qatar est favorable à son maintien. « Nous ne voulons pas d’un pays disposant de l’arme nucléaire dans la région », a-t-il dit.
Le président américain Donald Trump, qui menace de sortir son pays de l’accord, l’a jugé remis en cause samedi par un nouveau test de missile de Téhéran.
« L’accord est bon mais nous avons besoin d’un meilleur encore et c’est ce que nous cherchons » à obtenir, a ajouté le ministre qatari sans plus de précisions.