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Cuba : à l’ONU, la pression américaine fait tomber les masques arabes

Le Maroc et les Emirats arabes unis ont changé de camp à l’occasion du vote de la résolution de l’ONU pour la levée de l’embargo américain contre Cuba

Cuba : à l’ONU, la pression américaine fait tomber les masques arabes
Levée de l’embargo contre Cuba : à l’ONU, le Maroc et les Emirats changent de camp pour plaire aux Etats-Unis. / DR
Amar Belani
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L’Assemblée générale de l’ONU a adopté mercredi 28 octobre la résolution réclamant la levée de l’embargo américain contre Cuba par 130 voix pour, 17 contre et 25 abstentions.

En 2025, le texte avait recueilli 165 voix pour, 7 contre et 12 abstentions. En un an, il a perdu 35 voix favorables, tandis que les votes contre ont plus que doublé. L’érosion n’a rien d’un accident, elle porte la marque de la diplomatie du bras tordu.

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Levée de l’embargo américain contre Cuba : le Maroc et les Emirats changent de camp

Sans surprise, le Maroc a changé de camp, passant de l’abstention en 2025 au vote contre en 2026. Ce zèle tardif survient au moment même où les États-Unis, rédacteurs de la résolution sur le Sahara occidental au Conseil de sécurité, préparent leur projet de texte sur ce territoire occupé. Rabat paie ainsi à Washington, sur le dos de La Havane, le prix de la bienveillance qu’il attend ailleurs.

Les Émirats arabes unis ont eux aussi retourné leur veste. Favorables à la résolution en 2025, ils ont voté contre en 2026, en rejoignant Washington, Rabat et Tel-Aviv, une compagnie qui en dit long.

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Le calendrier ne manque pas de piquant car Abou Dhabi vient de présenter la candidature de Lana Nusseibeh au poste de secrétaire général de l’ONU. Ce vote contre l’embargo levé ressemble fort à une facture réglée d’avance, et la coïncidence est trop commode pour être fortuite.

Rappelons au passage que Lana Nusseibeh, répète avec une assurance éhontée que les Émirats ne soutiennent pas les FSR (Forces de réaction rapide) soudanaises. Or une mission d’établissement des faits de l’ONU a conclu le mois dernier que des armes, des technologies militaires, des combattants et des réseaux logistiques, dont des personnes et entités basées aux Émirats, contribuent à entretenir le conflit soudanais. Comment une mystificatrice qui couvre les agissements criminels de son pays, partout où il sème le chaos, peut-elle prétendre accéder à un poste aussi important que prestigieux ?

Bahreïn et le Qatar sont passés du vote favorable à l’abstention, cette position confortable de ceux qui veulent plaire à Washington sans assumer de le dire.

La Jordanie et la Somalie, favorables en 2025, ont tout simplement déserté le scrutin de 2026. La non-participation au vote en guise de réponse est une façon de donner satisfaction aux Américains sans assumer sa position nationale, le tout en rasant les murs.

L’Arabie saoudite tient bon

Dans le Golfe, l’Arabie saoudite, Oman et le Koweït ont tenu bon et maintenu leur soutien à Cuba. Il en va de même pour la majorité des autres pays arabes, dont l’Algérie, l’Égypte, l’Irak, la Libye, la Mauritanie et la Tunisie.

Tous ces revirements cités ci-dessus s’inscrivent dans le cadre d’une campagne diplomatique américaine d’une rare intensité contre la résolution.

Malgré cette érosion, la résolution conserve une majorité nette mais son adoption ne met pas malheureusement, pour autant, fin à l’embargo car les résolutions de l’Assemblée générale ne sont pas juridiquement contraignantes.

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