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Déconfinement en Algérie : les réserves du Dr Lyes Merabet

Déconfinement en Algérie : les réserves du Dr Lyes Merabet

Le président du Syndicat national des praticiens de santé publique (SNPSP), Dr Lyes Merabet, Dr Merabet se prononce pour le maintien en Algérie du protocole de traitement à base de chloroquine, en dépit de la décision de l’OMS de suspendre les essais cliniques avec l’hydroxychloroquine.

Il se dit convaincu de la nécessité de « maintenir le protocole », validé par le Comité scientifique du ministère de la Santé et appliqué dans plusieurs établissements hospitaliers, avec des résultats jugés probants de l’aveu des spécialistes eux-mêmes. Dr Merabet n’exclut pas l’hypothèse d’enjeux commerciaux autour de cette polémique de la part des grands laboratoires lancés dans une course effrénée pour trouver le vaccin.

Le président du SNPSP juge que le moment n’y est pas propice pour un déconfinement. « Nous ne sommes pas encore à ce stade, je pense qu’il faudra encore patienter », soit le temps que le nombre de contaminations diminuent, ajoute-t-il.

Dr Merabet estime que les capacités de dépistages « sont encore faibles » malgré l’existence d’une vingtaine de centres. « Ces centres dépendent de kits de prélèvements qui ne sont pas disponibles en quantités », a-t-il dit ce mercredi sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale.

Par conséquent, constate Merabet, cet état des faits « ne reflète pas la réalité de la situation sanitaire » dans le pays par rapport à l’épidémie de Covid19. « Je suis convaincu qu’il faudra multiplier au moins par trois les chiffres annoncés », affirme catégorique Lyes Merabet.

Dr Merabet regrette que le SNPSP qu’il représente n’ait pas été associé au plan d’action anti-Covid en Algérie. « Et ça on n’arrive toujours pas à le comprendre, malgré la saisine du ministre de la Santé et en dépit du fait qu’on l’a dit et répété dans les médias ». « On ne comprend toujours pas pourquoi les partenaires sociaux en tout cas le SNPSP que je préside, n’ont pas été conviés à émarger au sein de cette commission d’experts, bien que nous soyons toujours au front et d’ailleurs nous comptons des victimes au sein du corps médical », déplore Dr Merabet.

On n’intéresse pas un médecin avec 50 000 DA

Le président du SNPSP plaide pour une « réforme sérieuse » du système de santé national. « On ne peut pas intéresser un médecin généraliste ou un dentiste avec un salaire de 45 000 ou 50 000 DA. De même, on ne peut pas intéresser un spécialiste de faire carrière dans le secteur public avec 60 000 ou 65 000 DA. C’est misérable comme situation », estime Dr Merabet.

La refonte du système de santé permettrait ainsi, selon lui, de stopper l’ « hémorragie » des départs à l’étranger de médecins formés en Algérie dont le nombre avoisine les 15 000 pour ne prendre qu’un pays comme la France.

Dr Lyes Merabet demande la mise en place d’une « Fonction publique hospitalière afin d’accompagner la spécificité du secteur » avec un cadre réglementaire qui serait différencié « du cadre figé dans lequel on est aujourd’hui de cette fonction publique générale qui n’arrive pas à comprendre et à traduire les aspirations des praticiens de santé. »

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