
La situation des droits de l’Homme en Algérie ne semble pas avoir connu d’amélioration en Algérie durant l’année 2017, selon les faits cités dans le rapport 2018 de Human Rights Watch (HRW) au sujet des droits humains dans le monde.
« En dépit d’amendements constitutionnels adoptés en 2016, les autorités algériennes ont continué en 2017 de recourir aux poursuites pénales pour réprimer l’exercice pacifique de la liberté d’expression, utilisant des articles du Code pénal qui criminalisent le fait d’« injurier le président », d’« insulter les agents de l’État » (…) », indique d’emblée l’organisation.
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Cette dernière revient notamment sur le droit à la liberté de réunion que les « autorités algériennes violent régulièrement ». « Le 6 septembre 2017, des dizaines de protestataires se sont rassemblés sur une place dans le centre d’Alger, habillés de t-shirts portant l’inscription « Article 102 », allusion à l’article de la Constitution qui stipule qu’un président peut être destitué s’il est incapable de s’acquitter de ses fonctions. Au moins six d’entre eux ont été détenus pendant six heures avant d’être remis en liberté sans inculpation », précise l’ONG qui cite des médias locaux.
HRW évoque aussi le droit à la liberté d’expression. « En 2017, les autorités ont poursuivi un certain nombre d’Algériens en justice pour avoir tenu des propos critiques à leur égard », affirme l’organisation qui rappelle le cas de Mohamed Tamalt, journaliste et blogueur, « mort en prison le 11 décembre 2016, après avoir observé une grève de la faim pour protester contre sa condamnation ». « Les autorités ont nié tout mauvais traitement mais sa famille a affirmé avec insistance que la négligence ou les mauvais traitements avaient contribué à sa mort », ajoute la même source.
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En ce qui concerne la liberté de religion, l’ONG rappelle également que « plus de 266 membres de la petite minorité algérienne des Ahmadis » ont été poursuivis en justice depuis juin 2016 et « dont certains ont été emprisonnés pour des périodes allant jusqu’à six mois ». « Des responsables gouvernementaux de haut rang ont parfois affirmé que les Ahmadis représentaient une menace pour la foi musulmane sunnite, majoritaire dans le pays, et les ont accusés de collusion avec des puissances étrangères », note-t-elle.
Sur les migrants et réfugiés, Human Rights Watch rapporte la reconduction des migrants en automne dernier vers leurs pays d’origine. « D’août à octobre 2017, les autorités ont rassemblé plus de 3.000 migrants de différentes nationalités d’Afrique sub-saharienne qui vivaient à Alger et dans ses environs et les ont emmenés en bus à 1.900 kilomètres vers le Sud jusqu’à un camp à Tamanrasset, d’où certains ont été transférés en bus au Niger », rapporte l’ONG. « Parmi les personnes transportées de force à Tamanrasset, se trouvaient des migrants qui vivaient et travaillaient en Algérie depuis des années. Puis les autorités en ont expulsé plusieurs centaines vers le Niger », assure-t-elle.
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Dans ce rapport, HRW aborde également le sujet lié à l’orientation et l’identité sexuelle. « Le Code pénal algérien criminalise les rapports sexuels avec une personne du même sexe, qui sont passibles d’une peine de prison pouvant aller de deux mois à deux ans. En 2015, plusieurs personnes ont été arrêtées pour avoir eu de telles relations mais aucune n’a été poursuivie en justice », dénonce Human Rights Watch.