
Pas trop de réactions d’indignation en France après de nouveaux propos humiliants tenus par le président américain Donald Trump sur son homologue français Emmanuel Macron.
Bruno Retailleau, le président des Républicains qui criait à l’ “humiliation” à chaque fois que l’Algérie ne cède pas à ses desiderata, brille particulièrement par son silence.
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Dans un discours devant les élus de son parti mardi 6 janvier, Donald Trump a raconté avec beaucoup de dérision et de gestuelle comment il a imposé à Emmanuel Macron une décision interne qui relève en principe de la souveraineté de la France.
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Trump court depuis plusieurs mois derrière l’objectif de rapprocher les prix des médicaments, trop chers aux États-Unis et assez bas en Europe. Cela passe à la fois par une baisse des prix outre atlantique, ce que plusieurs laboratoires ont accepté de faire moyennant des incitations, et une hausse des tarifs dans le vieux continent.
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Le locataire de la Maison Blanche a raconté comment, au cours d’un entretien téléphonique, il lui a suffi d’une petite menace pour contraindre Emmanuel Macron à céder. “Tu vas faire tout ce que je dis”, lui a-t-il intimé.
“Ce serait un tel honneur. Tout ce que tu veux, Donald, mais s’il te plaît, ne le dis pas à la population”, a répondu le président français, a raconté Trump qui a dévoilé la teneur de la conversation tout en imitant la voix et la gestuelle d’Emmanuel Macron.
Ce n’est pas la première fois que le président américain se moque de son homologue français.
« Je ne pensais pas que tu ferais profil bas aujourd’hui« , lui a-t-il dit publiquement lors d’un sommet sur Gaza en octobre dernier en Égypte, en raillant sa discrétion.
Silence en France après de nouvelles attaques de Trump contre Macron
En juin dernier, Macron a cru bon de parler des intentions de Donald Trump pour la guerre Israël – Iran. “Il ne comprend jamais rien”, a dit de lui publiquement le président américain. Les attaques contre Emmanuel Macron ont commencé pendant le premier mandat de Trump. Celui-ci a qualifié le président français d’ “imbécile” en 2019 déjà.
En mars dernier, c’est la porte-parole de la Maison Blanche qui s’est permis de rafraîchir la mémoire aux Français en leur rappelant que “sans les Américains”, il “parleraient aujourd’hui allemand”, en allusion au rôle des USA dans la libération de la France de l’occupation allemande pendant la Seconde Guerre mondiale. En novembre 2024, des gendarmes français ont été arrêtés et plaqués au sol en Israël pendant une visite dans ce pays du chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot.
Pendant tout ce temps, la classe politique française, notamment le courant anti-algérien, ne voyait d’ “humiliation” que dans les décisions souveraines de l’Algérie. Le premier à accuser les autorités algériennes de ”chercher à humilier la France” est Bruno Retailleau, alors ministre de l’Intérieur, lorsque, en janvier 2025, l’Algérie avait refusé l’expulsion à la hussarde d’un de ses ressortissants.
Le grief est devenu le leitmotiv de la droite et de l’extrême-droite française à chaque épisode de la crise entre les deux pays qui dure depuis juillet 2024. Pour ce courant, l’arrestation de l’écrivain Boualem Sansal ou encore la position ferme de l’Algérie sur la question des OQTF sont autant d’humiliations infligées par l’Algérie à la France.
Curieusement, ce même courant, on l’entend moins, ou pas du tout, lorsque des humiliations, des vraies, viennent d’Amérique ou d’Israël.