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L’Algérie se fixe de nouveaux défis, 55 ans après la nationalisation des hydrocarbures

L’Algérie a célébré ce mardi le 55e anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures. L’enjeu désormais est de sortir de la dépendance à l’énergie fossile

L’Algérie se fixe de nouveaux défis, 55 ans après la nationalisation des hydrocarbures
Algérie : 55 ans après la nationalisation des hydrocarbures, cap sur l'hydrogène vert et la pétrochimie | Par Cobalt / Adobe Stock
Ali Idir
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L’Algérie célèbre ce mardi 24 février le double anniversaire de la création de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), en 1956, et de la nationalisation des hydrocarbures, en 1971.

Cinquante-cinq ans après avoir recouvré sa souveraineté sur son pétrole et son gaz, le pays se trouve engagé dans une double bataille pour, d’une part, maintenir et renforcer ses capacités de production et d’exportation, et d’autre part, investir dans d’autres sources d’énergie afin de faire face à une demande interne sans cesse croissante et consolider son statut d’acteur fiable de la carte énergétique mondiale. Dans ce sens, un intérêt particulier est accordé à la production d’hydrogène vert, destiné au marché européen.

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Pour continuer à financer son développement et sa politique sociale, l’Algérie est contrainte de renforcer ses capacités de production des hydrocarbures, estimée actuellement à un peu moins de 1 million de barils de pétrole par jour et près de 110 milliards de mètres cubes de gaz par an.

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Les recettes, elles, varient en fonction des cours très volatiles sur les marchés mondiaux, par exemple de 22 milliards de dollars en 2020 à 60 milliards en 2022.

En décembre 2022, le président Abdelmadjid Tebboune a émis le souhait de voir la production de gaz, estimée alors à 100 milliards de mètres cubes, doublée en 2028, avec la moitié destinée à l’exportation et l’autre moitié à la consommation domestique qui augmente d’année en année.

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En février de la même année, le président avait annoncé un ambitieux programme d’investissement dans le secteur : 39 milliards de dollars sur quatre ans. En octobre 2025, le ministre des Hydrocarbures et des Mines Mohamed Arkab a dévoilé un programme encore plus colossal, indiquant que 60 milliards de dollars seront investis sur la période 2025-2029.

Outre les projets de recherche, d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures, les efforts se concentrent aussi sur la réalisation de plusieurs projets industriels majeurs de valorisation permettant d’augmenter le taux de transformation des hydrocarbures en produits à forte valeur ajoutée, de 32% actuellement à 50% à l’horizon 2029, rapporte l’agence de presse officielle APS.

Après les hydrocarbures, l’Algérie diversifie sa production d’énergie

Sonatrach développe la filière pétrochimie à travers plusieurs projets, parmi lesquels la raffinerie de Hassi Messaoud, l’unité de vapocraquage du naphta à Arzew, devant produire 1,2 million de tonnes supplémentaires d’essence, l’unité de craquage du fuel à Skikda, qui produira du gasoil et du bitume, le complexe LAB Linéaire Alkyl Benzène) à Arzew, ou encore celui de production d’éthylène à Skikda…

L’Algérie est devenue un fournisseur majeur et fiable de gaz pour l’Europe grâce aux deux gazoducs qui la relient au sud du continent (Espagne et Italie), ainsi qu’à ses livraisons de GNL par méthaniers. Un rôle appelé à se consolider avec la concrétisation du grand projet d’hydrogène lancé avec trois pays européens, l’Allemagne, l’Autriche et l’Italie, le South H2 Corridor.

La célébration du 55e anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures a coïncidé avec la publication d’un rapport de l’Organisation des pays arabes exportateurs de pétrole (OAPEC) qui a mis en exergue les efforts de l’Algérie dans le développement de l’hydrogène vert.

 

L’Algérie futur acteur majeur dans l’hydrogène vert

 

L’organisation a salué les évolutions “remarquables” constatées au niveau de certains pays, dont l’Algérie, en matière d’hydrogène vert, considéré comme une “solution stratégique pour appuyer la transition vers un modèle bas carbone”.

Le rapport a souligné qu’un travail est en cours en Algérie pour la mise en place d’une centrale semi-industrielle de production d’hydrogène vert et de ses dérivés d’une capacité de 50 MW à Arzew. Le pays finalise par ailleurs son cadre législatif des activités liées à l’hydrogène, visant à attirer davantage d’investissements.

Le rôle de l’Algérie en tant que “partenaire stratégique” de l’Europe en matière d’hydrogène vert est également souligné. Le pays dispose en effet de “tous les atouts nécessaires pour devenir un fournisseur de premier plan en énergie propre y compris des ressources abondantes en énergie solaire et éolienne”.

Le rapport a particulièrement salué le projet du SoutH2 Corridor, devant acheminer 4 millions de tonnes d’hydrogène vert annuellement de l’Algérie vers l’Europe, soit près de 10 % de la demande européenne prévue à l’horizon 2040.

Cette politique de diversification de la production énergétique s’inscrit dans le cadre de la stratégie plus globale de diversification de l’économie.

En plus de la mise en exploitation du gisement de fer de Gara Djebilet après des décennies d’attente, de nombreux autres projets colossaux sont en cours dans le domaine minier, l’agriculture et autres secteurs. À titre d’exemple, le mégaprojet de phosphate de Tébessa permettra à l’Algérie de devenir un acteur majeur de production et d’exportation d’engrais.

 

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