search-form-close

En Suisse, les Algériens ne sont pas autorisés à accéder aux stands de tir

Les ressortissants algériens font partie d’un certain nombre de nationalités pour qui il est interdit d’acheter ou posséder des armes en Suisse, ni se rendre dans un stand de tir dans le pays, rapporte ce samedi le journal suisse La Tribune de Genève.

L’Algérie est le seul pays du Maghreb et même le seul pays d’Afrique à être concerné par cette mesure. Les autres pays dont les ressortissants ne peuvent pas acheter ou posséder des armes, ni se rendre dans un stand de tir en Suisse, sont l’Albanie, le Sri Lanka, le Kosovo, la Macédoine, la Bosnie-Herzégovine, la Serbie et la Turquie

« Les personnes de certaines ethnies (sic) n’étant pas autorisées à acquérir des armes en Suisse ne sont pas autorisées à accéder au stand de tir », est-il possible de lire affiché dans les Centres Tir suisses.

« Les ressortissants des pays concernés par l’interdiction de port et de possession d’armes en Suisse ne peuvent pas non plus en utiliser », explique Catherine Pilet, présidente de la Société vaudoise des carabiniers.

« Les gérants des stands de tir privés et les sociétés des tireurs doivent vérifier l’identité des gens qui se présentent. C’est leur responsabilité », ajoute-t-elle.

Des pays comme la Syrie, l’Afghanistan, l’Irak ou encore la Libye ne sont pas concernés par cette loi fédérale malgré le fait qu’ils soient en proie à la guerre. Ceci soulève plusieurs interrogations sur les critères pris en compte pour qu’un pays soit fiché.

« Un grand nombre de personnes en provenance de certaines régions en guerre ou en crise séjournent en Suisse. Des confrontations d’ordre ethnique ou politique peuvent avoir eu lieu (ou risquent sérieusement d’éclater) entre des parties au conflit provenant de ces zones et, enfin, des armes peuvent avoir été amenées illégalement dans ces zones de conflit depuis la Suisse », explique Anne-Florence Débois, porte-parole à FedPol, la police fédérale suisse.

Le Conseil fédéral peut également interdire l’acquisition, la possession, l’offre, le courtage et l’aliénation d’armes, d’éléments essentiels d’armes, de composants d’armes spécialement conçus, d’accessoires d’armes, de munitions et d’éléments de munitions, ainsi que le port d’arme et le tir, aux ressortissants de certains États lorsqu’il existe un risque sérieux d’utilisation abusive, et pour tenir compte des décisions de la communauté internationale ou des principes relevant de la politique extérieure de la Suisse.

Interrogée sur la présence de l’Algérie dans la liste, alors qu’à peine 4000 Algériens résident en Suisse et qu’il n’y a plus de guerre civile dans le pays, la porte-parole de FedPol explique : « Les trois critères essentiels doivent être remplis », insiste la porte-parole. « Il s’agit aussi de prévenir des menaces graves pour la sécurité intérieure de la Suisse ».

close