Politique

Entretien. Ali Seddiki, SG du FLN : « Nous n’avons fait campagne pour personne »

Le FLN a soutenu Azzzedine Mihoubi et c’est Abdelmadjid Tebboune qui a gagné. Regrettez-vous votre choix ?

Dès le début, notre souci était de faire en sorte que l’Algérie ait un président et c’était ce à quoi nous avons consacré tout notre temps et nos efforts. Nous avons aussi appelé nos militants à aller voter, insistant sur le fait que la présidence de la République doit revenir au peuple à travers son libre choix, afin d’éviter les périodes de transitions qui ne nous rappellent pas de bons souvenirs, comme celle du début des années 1990.

Le FLN n’a présenté personne et n’a pas fait de campagne pour un candidat précis. Notre objectif était de sortir l’Algérie de cette conjoncture et de préserver nos constantes, nos valeurs et les institutions populaires. C’est la position que nous avons défendue dès le début, étant convaincus que chaque bulletin mis dans l’urne et émanant de notre campagne constituerait une voix pour le FLN. À la fin, nous avons estimé judicieux de soutenir le choix nationaliste (Azzedine Mihoubi).

Quant à Abdelmadjid Tebboune, il est membre du comité central du FLN mais il a choisi de se présenter en candidat libre. Nous sommes très contents de son succès et nous allons déployer tous nos efforts pour préparer le terrain pour son programme, afin que la joie du recouvrement de la présidence soit totale.

Vous estimez donc que la plus grande réalisation de ces élections c’est le recouvrement de la présidence ?

Oui, parce que le FLN redoute les périodes de transition par lesquelles on nous faisait de la surenchère sur les valeurs de novembre et les constantes du parti. On a voulu nous mettre au musée et certains demandaient d’autres choses encore. C’est pour cela que nous avons insisté à ce que l’Algérie évite de passer par une autre mauvaise période de transition.

Mais certains vous reprochent d’avoir soutenu Mihoubi…

Ils sont libres. Le FLN a une large base et nous, en tant que direction, nous disons que ceux qui nous ont suivis ont le droit de nous critiquer. Ce qui est inacceptable, c’est de décider seul d’une position et de critiquer par la suite la direction. Celui qui a marché avec nous a le droit d’évaluer notre action. Nous nous mettons à la disposition du comité central qui aura la latitude de nous renouveler ou pas sa confiance. C’est la seule instance qui est habilitée à le faire, et non les voix tendancieuses sur les réseaux sociaux. On entend ici et là que le bureau politique s’apprête à nous retirer la confiance, mais il s’agit d’une prérogative exclusive du comité central devant lequel nous sommes responsables.

Quand est-ce que vous allez convoquer une session du comité central ?

Nous la convoquerons au moment opportun afin d’élire un secrétaire général. Nous devons aussi aller vers un congrès qui redonnera au parti toute sa force et sa notoriété.

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