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État de santé du détenu Abdallah Ben Naoum : la polémique enfle 

État de santé du détenu Abdallah Ben Naoum : la polémique enfle 

La polémique enfle depuis quelques jours autour de l’état de santé du détenu Abdallah Ben Naoum, emprisonné depuis novembre 2019, d’abord à Relizane puis à la prison d’Oran depuis juin dernier.

Ses avocats et sa famille soupçonnent une grave détérioration de sa santé tandis que le parquet dément et assure que son état est « stable ». Ses avocats, notamment M. Abdelghani Badi, ont alerté l’opinion publique lorsqu’ils se sont présentés à la prison et se sont vu signifier par la direction que leur client ne souhaite voir personne.

Jeudi, M. Mohamed Kerma, membre du collectif de défense, a indiqué sur sa page Facebook qu’il avait attendu trois heures sans pouvoir voir son client. Ce dimanche, il a affirmé avoir fait une autre tentative, sans succès.

La famille du détenu, notamment sa mère, a aussi essuyé le même refus et l’a fait savoir sur les réseaux sociaux.

Le parquet d’Oran a fini par réagir. Dans un communiqué rendu public ce dimanche 4 octobre, il dément la dégradation de l’état de santé d’Abdallah Ben Naoum et affirme que c’est lui qui refuse de recevoir de visite, comme l’avaient expliqué les gardiens à ses avocats et à sa famille.

Le parquet explique que « l’établissement pénitentiaire de Relizane a pris en charge convenablement ce détenu et a procédé à son transfert à Oran à la demande du médecin afin qu’il puisse effectuer une coronographie du cœur et non une intervention chirurgicale comme rapporté faussement ».

À la prison d’Oran, Abdallah Ban Naoum « bénéficie d’un suivi médical permanent », « se trouve constamment à l’infirmerie » et a refusé « à six reprises » d’être acheminé vers le service de cardiologie du CHU de la ville, exigeant d’être ausculté par le Dr Salim Benkhedda à Alger, selon le communiqué du parquet qui estime que  « le détenu Abdallah Ben Naoum est de ce fait l’unique responsable du retard de son auscultation médicale ».

Ses avocats avaient soulevé la question de son état de santé et exigé sa prise en charge immédiate. « Avant son entrée en prison, Abdellah Ben Naoum avait subi une opération chirurgicale au niveau du cœur. Et il doit subir une autre intervention. En prison, ils ne disposent pas de moyens suffisants pour s’occuper de lui. Il a donc besoin d’une assistance médicale en dehors du milieu carcéral. Il faut au moins qu’il soit hospitalisé, et après les examens nécessaires, les médecins décideront du type de soins qui doivent lui être prodigués », avait indiqué M. Badi, cité par el Watan.

« Cela fait plus de six mois que nous répétons qu’il a besoin d’une prise en charge médicale. Et eux, ils le trimballent entre Relizane et Oran. Ils l’ont maintenu en détention sans lui assurer les soins nécessaires. Et ils ne l’ont pas fait admettre dans un hôpital. Donc, ni ils l’ont soigné ni ils l’ont remis en liberté afin qu’il puisse se soigner. C’est ça le problème », avait-il accusé.

Bena Noum avait déjà été condamné à deux ans de prison ferme pour outrage au président de la République (Abdelaziz Boutefklika). Il a été remis en liberté en juin 2019 après une série de grèves de la faim et le décès en détention, fin mai, du militant Kamel Eddine Fekhar.

En novembre de la même année, il a été de nouveau placé en détention. Selon le communiqué du parquet de ce dimanche, il est poursuivi pour « détention et diffusion de vidéos susceptibles de porter atteinte au moral de l’armée, à la sûreté de l’État et à l’unité nationale, outrage à corps constitué, remise en cause de décisions de justice et incitation à attroupement ».

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