Direct Live Search
Search

États-Unis : pourquoi la victoire d’Abdul El-Sayed au Michigan est une mauvaise nouvelle pour le Maroc

La victoire d'Abdul El-Sayed dans la primaire démocrate du Michigan contre l’argent du lobby pro-israélien est une mauvaise nouvelle pour le Maroc et son allié israélien.

États-Unis : pourquoi la victoire d’Abdul El-Sayed au Michigan est une mauvaise nouvelle pour le Maroc
La victoire du démocrate d'origine égyptienne Abdul El Sayed dans une primaire démocrate n’est pas un événement anodin / Source image : Instagram Dr. Abdul El-Sayed pour TSA
Riyad Hamadi
Durée de lecture 3 minutes de lecture
Clock 3 minutes de lecture

Les lignes bougent dans la politique intérieure américaine et bougeront probablement dans la géopolitique mondiale, ce qui constitue une mauvaise nouvelle pour l’axe Maroc–Israël.

La victoire du démocrate d’origine égyptienne Abdul El-Sayed dans une primaire démocrate n’est pas un événement anodin.

A lire aussi : Jamel Debbouze : son restaurant à Paris épinglé pour vente de vins israéliens

Après l’élection de Zohran Mamdani à la tête de la mairie de New York en novembre dernier, elle constitue un autre symptôme qu’un vent de changement est en train de traverser la société américaine. Pour Donald Trump, Israël et ses alliés, dont notamment le Maroc, c’est tout sauf une bonne nouvelle.

A lire aussi : Le Sahara occidental au Ticad 2025 : nouveau revers pour le Maroc

Abdul El-Sayed gagne face à l’argent des lobbies pro-israéliens

Abdul El-Sayed, médecin musulman de 41 ans d’origine égyptienne, a remporté mercredi 5 août la primaire démocrate du Michigan pour l’élection sénatoriale de novembre prochain.

Il est vrai que ce n’est pas toutes les semaines qu’un musulman remporte un scrutin aux États-Unis, mais la victoire d’El-Sayed marque les esprits pour d’autres raisons. Le scrutin est, en effet, perçu comme un référendum miniature pour ou contre Donald Trump, pour ou contre la poursuite du soutien inconditionnel à Israël et ses crimes contre les Palestiniens.

A lire aussi : Gaza : l’ONU déclare officiellement l’état de famine et accuse Israël

La campagne du vote a été très marquée par la question du rapport à Israël. Des dizaines de millions de dollars ont été dépensés par le lobby pro-israéliens pour faire barrage à El Sayed, qui disposait de huit fois moins de financements, et faire élire Haley Stevens, faisant de cette campagne la plus onéreuse de l’histoire pour une primaire sénatoriale, selon les analystes politiques américains.

L’AIPAC, la puissante organisation américaine pro-israélienne, a mis à elle seule 32 millions de dollars. El-Sayed a répliqué qu’elle « peut brûler son argent ».

Une autre bête noire de Netanyahou

La victoire du médecin d’origine égyptienne est aussi importante, car elle confirme une tendance entamée avec l’élection de Zohran Mamdani, un autre musulman, comme maire de New York en novembre dernier, lui aussi contre un candidat soutenu par le monde de la finance. Depuis son entrée en fonction en janvier dernier, Mamdani est devenu la bête noire de Donald Trump et de Benyamin Netanyahou, qu’il a menacé de faire arrêter s’il se rend à New York pour l’assemblée générale de l’ONU.

Abdul El-Sayed est sur la même ligne. Il plaide pour la fin de l’aide américaine à Israël, critique l’influence de l’Aipac dans les élections à tous les niveaux et s’oppose à l’existence d’Israël comme un État uniquement réservé aux Juifs.

El-Sayed n’est pas encore sénateur, il devra pour le devenir battre en novembre prochain le candidat républicain Mike Rogers. Mais la symbolique de sa victoire aux primaires sème déjà un vent de panique chez ses adversaires, jusqu’en Israël. Elle confirme le retournement progressif de l’électorat démocrate sur la question du soutien à Israël. Barack Obama l’avait prédit il y a plusieurs années et Benyamin Netanyahou a accéléré le processus avec son génocide à Gaza.

Vance : « Qu’à Dieu ne plaise, il pourrait devenir président… »

La panique se lit à travers les réactions à la victoire de Abdul El-Sayed. Donald Trump l’a qualifié de « communiste raté qui déteste les Juifs et Israël ». Le vice-président DJ Vance a même évoqué le scénario de voir le médecin d’origine égyptienne devenir président des États-Unis.

« Qu’à Dieu ne plaise, Abdul El-Sayed pourrait devenir président dans trois ans. Nous ne voulons pas qu’il remette en cause tout ce que nous avons fait pour faire tomber les escrocs et préserver l’argent du peuple américain », a dit Vance.

Zohran Mamdani a souligné particulièrement la victoire d’El-Sayed face aux forces de l’argent pro-israéliennes. « Malgré plus de 60 millions de dollars de dépenses indépendantes engagées contre lui, il a réussi à l’emporter (…) Je suis fier de faire partie d’un mouvement d’élus et de candidats qui veulent remettre les Américains de la classe ouvrière au cœur de notre vie politique », a réagi le maire de New York.

Pas une bonne nouvelle pour Israël et le Maroc

En France, Bally Bagayoko, élu maire de Saint-Denis en mars dernier, a estimé que « le vent de la rupture souffle » et a salué une génération qui affirme « son soutien aux droits du peuple palestinien, condamne les politiques du gouvernement israélien qu’elle juge contraires au droit international et plaide pour une paix fondée sur la justice, l’égalité des droits et le respect de la dignité de tous ».

Outre Israël, ce vent de changement inquiète également tous ceux qui, à travers le monde, ont tout misé sur la protection de Donald Trump et d’Israël.

C’est particulièrement le cas du Maroc qui vient de baptiser une autoroute du nom du président américain qui a reconnu en 2020 la « souveraineté marocaine » sur le Sahara occidental en contrepartie de la normalisation des relations du royaume avec Israël.

Devenu un pays de l’Internationale réactionnaire, le Maroc devrait peut-être songer à cesser de bomber le torse et de lâcher ses bombes migratoires sur ses voisins européens.

Lien permanent : https://tsadz.co/0jm74

TSA +