
Le diplomate algérien Abdelaziz Rahabi réagit au processus de rapprochement en cours entre Alger et Paris et particulièrement à la présence de deux responsables français, la ministre déléguée aux Armées Alice Rufo et l’ambassadeur Stéphane Romatet, aux commémorations des massacres du 8 mai 1945, vendredi dernier à Sétif.
Il reproche au président Emmanuel Macron un « opportunisme diplomatique » dans sa gestion de la relation avec l’Algérie.
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“Est-il possible de célébrer ses morts et ses disparus dans le recueillement et les prières sans avoir à l’inscrire dans un agenda diplomatique ?”, s’interroge l’ancien ministre dans un texte publié ce lundi 11 mai sur les réseaux sociaux.
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“Opportunisme diplomatique”
Cette année encore, les cérémonies de commémoration des massacres de Guelma, Sétif et Kherrata n’ont pas été épargnées par “un opportunisme diplomatique que le Président Macron s’évertue à élever au rang d’acte fondateur de la reprise des relations algéro-françaises”, écrit l’ancien ambassadeur d’Algérie en Espagne.
Selon lui, le communiqué de l’Elysée, qui a été publié vendredi 8 mai, s’inscrit “dans une sorte de diplomatie transactionnelle en vogue, mêlant des mémoires antagoniques, celle des victimes et celle de leur bourreau, celle des moudjahidine à celle des harkis et même des questions consulaires opportunes”.
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Encore une fois, estime Abdelaziz Rahabi, cela servira à “alimenter et à orienter le débat interne dans la perspective toute prochaine de l’élection présidentielle en France”, plus qu’à “l’amélioration attendue des relations bilatérales”.
“Jeu de balancier” entre l’Algérie et les nostalgiques de l’Algérie française
Pour l’ancien ambassadeur d’Algérie en Espagne, Emmanuel Macron, dont le mandat se termine en 2027, “a usé à l’extrême de l’ambivalence du jeu de balancier entre le discours sur la normalisation des relations avec l’Algérie et les gestes en direction des harkis, des nostalgiques de l’Algérie française, ainsi que des prises de position les plus hostiles à nos intérêts diplomatiques”.
Abdelaziz Rahabi conclut sur cette mise en garde : “Mettre chaque fois une hypothèque sur la question de la mémoire sans mesurer à quel point cette question incarne l’identité des Algériens et garantit la continuité historique de l’Algérie, est la voie la plus courte pour rendre cycliques les crises entre les deux pays.”