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L’Algérie et la France ont entamé un processus de dégel après une crise inédite de plus d’une année et demie. Toutefois, on ne peut parler de véritable retour à la normale sans le retour des ambassadeurs respectifs à leurs postes.
Selon nos sources, la question du retour à Alger de l’ambassadeur de France Stéphane Romatet a été évoquée lors de la récente visite en Algérie du ministre français de l’Intérieur Laurent Nuñez.
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Signe de la gravité de la crise entre les deux pays, les deux ambassadeurs respectifs ne sont pas en poste depuis plusieurs mois.
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L’Algérie a procédé au retrait de son ambassadeur à Paris, Saïd Moussi, fin juillet 2024, en réaction à la reconnaissance par la France de la « souveraineté marocaine » sur le Sahara occidental. Saïd Moussi a été nommé ambassadeur au Portugal en octobre de la même année, et le poste est resté vacant à Paris.
Alger ouvre la voie au retour de Stéphane Romatet
Stéphane Romatet, ambassadeur de France en Algérie depuis juillet 2023, est, lui, rappelé par le gouvernement français en avril 2025, à la suite de l’expulsion par les autorités algériennes de 12 agents consulaires français en réaction à l’arrestation et l’incarcération d’un agent consulaire algérien.
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Pour l’Algérie, qui a retiré son ambassadeur, il lui faudra nommer un nouveau si les choses reviennent à la normale. En revanche, Stéphane Romatet a fait seulement l’objet d’un rappel et il pourra rejoindre son poste à tout moment.
Un incident a toutefois compliqué les choses il y a quelques semaines. En janvier dernier, l’Algérie a très peu apprécié l’intervention de Romatet dans un documentaire de France 2 très négatif pour l’Algérie.
Le ministère des Affaires étrangères a dénoncé dans un communiqué, « avec une vive préoccupation, la participation active de l’ambassade de France en Algérie, ainsi que l’implication personnelle de l’ambassadeur, dans la promotion de ce programme, en contradiction flagrante avec les usages et les règles qui encadrent l’exercice des missions diplomatiques ».
La participation de l’ambassadeur est de nature à « accréditer l’idée d’une validation officielle française de cette campagne médiatique », ont estimé les autorités algériennes. Toutefois, aucune mesure n’a été prise contre lui.
Moins d’un mois après, à la mi-février, la question du retour de Stéphane Romatet à son poste a été, entre autres points, abordée lors de la visite en Algérie du ministre français de l’Intérieur, les 16 et 17 février derniers. La visite a permis aux deux parties d’avancer sur plusieurs questions, relançant notamment la coopération sécuritaire et migratoire.
Dégel Alger-Paris : des signaux aux actes
Le retour des ambassadeurs est néanmoins le véritable marqueur du plein rétablissement de la relation bilatérale. La partie française aurait exprimé le vœu que Stéphane Romatet rejoigne son poste à Alger, en reprenant normalement ses activités, comme il les menait avant la crise. Si des avancées ont été obtenues pour son retour, aucune date n’a été fixée.
Une chose est certaine cependant : dans son communiqué du 24 janvier dernier, bien qu’il ait déploré sa participation au documentaire de France 2, le ministère algérien des Affaires étrangères n’a pas déclaré Stéphane Romatet persona non grata. Celui-ci est toujours agréé auprès de la République algérienne et peut rejoindre son poste à tout moment pour peu que le gouvernement français le décide.
L’Algérie pourrait aussi nommer un nouvel ambassadeur à Paris qui vient de donner son accord pour la nomination de nouveaux consuls. Signe de la détente entre les deux pays, Laurent Nuñez a assisté à l’iftar des ambassadeurs organisé jeudi soir par la Grande mosquée de Paris.
Dans son discours, il a vanté sa méthode et les vertus du dialogue avec l’Algérie, réaffirmant une nouvelle fois sa satisfaction des résultats de sa visite à Alger. Depuis, la coopération sécuritaire et migratoire a repris, mais le processus reste fragile, en raison du contexte électoral en France à une année des présidentielles de 2027, et de l’hostilité d’une partie de la classe politique à la réconciliation avec l’Algérie.