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France : Emmanuel Macron veut enterrer l’éprouvante année 2018

France : Emmanuel Macron veut enterrer l’éprouvante année 2018

Très impopulaire, le président français va tenter de reprendre le cap de son quinquennat, après une annus horribilis en 2018, en adressant ses voeux aux Français lundi soir, alors qu’au même moment des “gilets jaunes” se retrouveront sur les Champs-Elysées pour protester contre sa politique.

Affaire Benalla, démission de deux de ses “ministres stars” et crise inédite des “gilets jaunes”: 2018 a été une année politiquement harassante pour le président Macron, dont la côte de popularité s’est effondrée ces derniers mois.

Dans cet ultime discours de l’année, le chef de l’Etat va, selon un proche, user de mots marquant “autorité et rassemblement”, avec le double défi d’apaiser les colères et de relancer son programme de réformes.

A quelques heures de son allocution, la polémique autour d’Alexandre Benalla, son ancien collaborateur controversé, a tourné lundi au bras de fer entre l’Elysée et l’ex-chargé de mission, qui assure être resté régulièrement en contact avec le président après son licenciement pour faute grave cet été. Il “se venge (…) en entretenant tout un faisceau de contrevérités et d’approximations”, a répliqué le palais présidentiel.

Plus de 23 millions de personnes avaient regardé Emmanuel Macron à la télévision le 10 décembre, quand, pressé par les revendications du mouvement populaire des “gilets jaunes” – ces Français modestes mobilisés depuis mi-novembre contre la politique sociale et fiscale du gouvernement – il a annoncé 10 milliards d’euros d’aides en faveur du pouvoir d’achat.

– Apaiser la colère –

Lundi soir, plus question d’annonces. L’enjeu pour le président est de convaincre qu’il peut montrer davantage d’écoute et de bienveillance. Tout au long de l’année, ses attaques contre les “Gaulois réfractaires”, les pauvres qui coûtent “un pognon de dingue” ou les chômeurs qui n’auraient “qu’à traverser la rue” pour travailler, ont choqué l’opinion.

Il devra “démontrer qu’il met réellement fin au mépris, à l’arrogance, au mensonge, et qu’il change sa politique”, a de son côté exhorté la porte-parole du parti Les Républicains (droite), Laurence Sailliet.

Les voeux à la Nation, tradition républicaine française maintenue par M. Macron, lui redonnent l’opportunité de parler des réformes annoncées pour 2019, en particulier celle des retraites et de la fonction publique, mais aussi des nouvelles initiatives, à commencer par ce “grand débat national” prévu de janvier à mars avec lequel l’exécutif espère apaiser la colère des “gilets jaunes”.

Le président pourrait rappeler les limites de cet exercice, comme il l’avait déjà fait le 10 décembre: pas question de rejouer la présidentielle, ni de “détricoter” ce que le gouvernement et le Parlement français ont mis en place depuis 18 mois.

Ces lignes rouges ne sont pas sans risque. Faute de résultats concrets, le “grand débat” pourrait entraîner de nouvelles frustrations et contestations. Quant à l’opportunité de lancer des “référendums d’initiative citoyenne”, réclamés par une partie des “gilets jaunes” et par l’opposition, le président ne s’est pas encore prononcé.

Emmanuel Macron devra en tout cas retarder la réforme constitutionnelle à laquelle il reste très attaché, jusqu’à la fin du grand débat.

Le début de 2019 recèle d’autres embûches, comme la mise en place d’une des mesures prises pour apaiser la colère des “gilets jaunes”, l’augmentation de 100 euros par mois pour les petits salaires.

– Rassemblement “festif et non violent” –

L’allié d’Emmanuel Macron, François Bayrou, président du MoDem (centriste), a plaidé lundi pour que soit rétablie “l’unité du pays” parcouru “d’interrogations, de doutes et de désarroi”.

Une partie des “gilets jaunes” compte se faire entendre juste au moment des voeux présidentiels: un appel est lancé sur Facebook pour un rassemblement “festif et non violent”, sur la célèbre avenue des Champs-Elysées à 19H00 GMT, en vue du passage à la nouvelle année “qui sera riche de changements et de victoires”. En tout, quelque 10.000 personnes annoncent vouloir répondre à deux appels différents.

La sécurité sera renforcée à Paris comme dans d’autres grandes villes de province où des appels ont été lancés.

Un périmètre de protection a été instauré dès lundi après-midi autour des Champs-Elysées et de la place de l’Etoile, dans un contexte également marqué par le risque d’attentats dans le pays.

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