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France : les interpellations des sans-papiers algériens ont explosé en 20 ans

Les interpellations des sans-papiers algériens ont explosé entre 2003 et 2025, selon un rapport parlementaire qui montre l’effet Retailleau sur l’exécution des OQTF.

France : les interpellations des sans-papiers algériens ont explosé en 20 ans
Les interpellations des clandestins algériens ont décuplé entre 2003 et 2025 / Photo par olrat / Adobe Stock pour TSA
Riyad Hamadi
Durée de lecture 2 minutes de lecture
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Effet sans doute du climat politique général et particulièrement de l’obsession affichée par Bruno Retailleau lors de son passage au ministère de l’Intérieur (septembre 2024 – octobre 2025), les interpellations des ressortissants algériens en situation irrégulière en France ont explosé. Ces interpellations ont décuplé entre 2003 et 2025, suivant les chiffres contenus dans un rapport parlementaire rendu public en ce mois de septembre 2026.

Il s’agit du rapport d’information de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire à l’Assemblée nationale sur « les coûts et moyens budgétaires nécessaires pour mener une politique de lutte efficace contre l’immigration irrégulière et sur les mesures qui permettraient d’atténuer le coût de cette politique ». Le rapporteur spécial est Charles Rodwell, député du parti d’Emmanuel Macron, Ensemble pour la République.

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Les interpellations des clandestins algériens ont décuplé entre 2003 et 2025

Dans une allusion claire à l’Algérie, le rapport souligne qu’en principe, les principaux pays d’origine des étrangers en situation irrégulière, « qui génèrent la grande majorité des mesures d’éloignement », devraient également figurer « en tête des pays de destination des mesures exécutées ». Or, selon le rapporteur spécial, « la réalité est très différente. »

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Il cite dans ce sens l’Algérie qu’il qualifie de « cas symptomatique de cette inefficacité croissante de la politique de retours face aux caractéristiques des migrations d’aujourd’hui ».

Le rapporteur note que, il y a 23 ans, le taux d’exécution des OQTF (obligation de quitter le territoire français) vers l’Algérie était très élevé, à plus de la moitié. En 2003, précise-t-il, 4.703 ressortissants algériens étaient interpellés en situation irrégulière en France. Et le nombre d’Algériens qui ont effectivement été éloignés pendant la même année était de 2.513, soit un taux d’exécution de 53 %.

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En 2025, 46.956 Algériens ont été interpellés en situation irrégulière, mais le nombre d’éloignements est resté quasiment le même qu’en 2003, à 2.539 personnes, soit un ratio de 4,9 %.

Dans les centres de rétention administrative (CRA), 687 expulsions ont été effectuées en 2025 vers la Roumanie, 552 vers la Tunisie et 538 vers le Maroc. Pendant la même année, les éloignements vers l’Algérie à partir des CRA étaient de 263, en forte chute par rapport aux 1.100 expulsions de 2024.

« Ni l’accroissement des flux migratoires en provenance d’Algérie depuis 2003 ni l’augmentation de l’activité des services de police et de gendarmerie en matière d’interpellations n’ont eu d’effet sur la capacité de l’État à éloigner un nombre plus élevé de ressortissants irréguliers présents sur le territoire », a déploré le rapport.

L’obsession anti-algérienne par les chiffres

Même si le rapport se focalise sur l’Algérie, les chiffres qu’il livre laissent déduire que la faiblesse du taux d’éloignements se pose de manière générale avec les ressortissants de tous les pays.

Malgré « plusieurs dizaines de textes législatifs, réglementaires ou européens sur ce sujet depuis 25 ans », le nombre de ressortissants de pays tiers éloignés sous contrainte du territoire oscille depuis 2009 autour de 6.000 personnes par an en moyenne. Pour les rédacteurs du rapport, ce chiffre peut s’apparenter à un « plafond de verre ».

Ce n’est pas tant la faiblesse du taux d’exécution des OQTF vers l’Algérie qui frappe, mais cette explosion du nombre d’Algériens en situation irrégulière interpellés. Une explosion que le rapport ne tente pas d’expliquer mais qui, sans doute, n’est pas sans lien avec le passage de Bruno Retailleau au ministère de l’Intérieur entre 2024 et 2025 et l’obsession de la droite et de l’extrême-droite pour l’immigration algérienne depuis quelques années. Une obsession démontrée cette fois par les chiffres d’un rapport parlementaire.

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