
Sans surprise, le courant anti-algérien en France s’acharne sur Ségolène Royal après sa visite en Algérie. La présidente de l’association France-Algérie (AFA) a tenu des propos très forts en faveur du rapprochement entre les deux pays, à l’issue d’une audience que lui a accordée le président de la République Abdelmadjid Tebboune, mardi 27 janvier.
“Je suis venue écouter, apprendre et bâtir des perspectives communes, parce que l’amitié entre la France et l’Algérie est un devoir envers les jeunes générations des deux rives”, a-t-elle notamment dit.
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Un discours très sensé mais qui ne passe pas auprès de ceux dont les visées politiques risquent d’être contrariées par la fin de la crise bilatérale qui dure depuis 18 mois.
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C’est désormais un fait vérifié plus d’une fois : les politiques français qui se déplacent en Algérie et y tiennent un discours apaisé sont attendus de pied ferme à Paris.
“Traîtrise”, “Lâcheté”, “carrière terminée”, “marquée au fer rouge”. Les attaques et les insultes, parfois ad-hominem, contre Mme Royal se sont multipliées sur les réseaux sociaux et certains médias bollorisés, comme Cnews et Europe 1.
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Sur Cnews, le journaliste Vincent Hervouet a proféré des attaques très personnelles contre la candidate socialiste à la présidentielle de 2007, lui reprochant simplement de s’être affichée “souriante” à Alger.
Le courant anti-algérien s’acharne sur Ségolène Royal
De nombreux journalistes d’extrême-droite et députés de ce courant se sont relayés sur Cnews, Europe 1, Sud Radio ou encore sur X pour accuser Ségolène Royal de “compromission”, “flagornerie” et même de “lâcheté” comme l’a fait Gabrielle Cluzel sur Europe 1.
La présidente de l’AFA est aussi traitée d’ “attachée de presse” qui “relaye la communication d’Alger” ou encore de “lobbyiste” au profit de l’Algérie.
Il est évidemment inopportun de reproduire le flot d’attaques déversé sur l’hôte de l’Algérie. Un internaute a tout résumé avec beaucoup de justesse : “Je remarque qu’en commentaire, il y a une alliance entre extrême-droite, sionistes et marocains. Ségolène Royal est coupable de vouloir la paix avec l’Algérie, pas au goût des faiseurs de guerre et propagandistes de la haine.”
Ségolène Royal en Algérie : « Quelle lâcheté » lance @gabriellecluzel #ChristineKellyEtVous @christine_kelly #Europe1 pic.twitter.com/o3zFEBgm6Z
— Europe 1 (@Europe1) January 28, 2026
À noter que ce n’est pas la première fois que cela arrive. Il y a quelques mois, le député de La France Insoumise (LFI) David Guiraud a subi le même traitement au lendemain d’un déplacement en Algérie. Même le chef de la diplomatie Jean-Noël Barrot n’a pas échappé aussi à la furia de l’extrême-droite après sa visite d’avril 2025 qui a amorcé un processus de sortie de crise vite sapé par le courant anti-algérien.
Segoléne couscous royal, énarque de la même promotion que volepain !! Ou sont passés les centaines de millions perdus en Poitou-Charentes que hollande a caché avec la réforme des grandes régions??? https://t.co/PjywXFicAj
— Paysan47 (@Paysan473) January 28, 2026
À Alger, Ségolène Royal était précédée par sa réputation. En février 2025, le président Tebboune l’a citée dans un entretien au journal L’Opinion comme une des personnalités françaises estimées en Algérie. Tebboune avait aussi cité Jean-Pierre Chevènement, Jean-Pierre Raffarin ou encore Dominique de Villepin.