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Gaz algérien : ce que rapportait le gazoduc GME au Maroc

La vague de froid qui affecte de nombreuses régions du royaume Maroc pose à nouveau la problématique énergétique au Maroc, et rappelle l’apport du gazoduc GME à ce pays.

Gaz algérien : ce que rapportait le gazoduc GME au Maroc
Ce que rapportait le gazoduc algérien GME au Maroc. / Par Photocreo Bednarek / Adobe Stock
Badreddine Khris
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La forte vague de froid qui a frappé le Maroc cet hiver, n’a pas été sans conséquences sur le quotidien des citoyens de nombreuses régions notamment ceux habitant les zones montagneuses.

Le Plan national d’atténuation des effets de ces intempéries a ciblé une population totale estimée à 833.000 personnes pour l’actuelle saison hivernale, a affirmé, lundi dernier à la Chambre des représentants, le ministre de l’Intérieur marocain, Abdelouafi Laftit.

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Des Marocains se chauffent encore au bois

Le recours à la distribution du bois signifie clairement que les localités bénéficiaires sont dépourvues moyens de chauffage notamment le gaz (naturel ou butane) indispensable en cette rude période hivernale.

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En dépit des assurances des autorités marocaines, force est de constater, que le pays subit de sérieuses perturbations en approvisionnement en gaz
naturel.

L’hiver rappelle cette vérité brutale liée à la précarité dans laquelle vivent des citoyens au Maroc. Compte tenu des dégâts occasionnés par ces conditions météorologiques particulièrement difficiles, l’on est tenté de poser la question de savoir si le royaume a pu solutionner la problématique du
gaz depuis que l’Algérie a pris la décision de ne pas renouveler le contrat du gazoduc Maghreb-Europe (GME) qui a expiré le 31 octobre 2021 

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L’Algérie a décidé de rompre ce contrat à la suite d’une série d’ « actes hostiles » du royaume. Le GME est, faut-il le rappeler, reliait l’Algérie à l’Espagne via le Maroc.

De 1996 à sa fermeture en 2021, l’Algérie expédiait vers l’Espagne et le Portugal environ 10 milliards de m3 de gaz naturel par an via le GME.

En contrepartie du transit du gazoduc, Rabat recevait annuellement près d’un milliard de m3 de gaz naturel. Ce qui représentait 97% de ses besoins.

La moitié étaient des droits de passage payés en nature, l’autre du gaz acheté à un prix avantageux, selon des experts du secteur. Le gazoduc GME a rapporté au Maroc des revenus de transit estimés à 50 millions de dollars/an.

Le gaz algérien alimentait deux centrales thermoélectriques à Tahaddart (nord)
et Aïn Beni Mathar (Est) à hauteur de 700 millions de m3 par an.

Hausse des importations marocaines

Cette situation avantageuse a permis au Maroc d’augmenter ses importations en gaz naturel algérien via le GME. Les données du gaz naturel importé grâce au contrat signé avec le groupe Sonatrach indiquent que le volume a enregistré une nette progression passant de 107, 29 millions de Mm3 en 2011 à 644,50 Mm3 en 2017.

Selon les chiffres du ministère marocain de la transition énergétique et du développement durable, le royaume a importé en moyenne annuelle, entre 2018 et 2020, plus de 500 Mm3.

En 2021, correspondant à la dernière année du contrat, le volume a baissé à 433,3 Mm3. Cette baisse est liée essentiellement, en réalité, à la faible demande en Europe. Ce qui réduisait déjà le tonnage transporté par les gazoducs.

La redevance en nature a atteint 480 Mm3 en 2007 pour passer à plus de 583 Mm3 en 2010. Le pic a été enregistré en 2011 avec une redevance estimée à 641 Mm3. Entre 2012 et 2017, la moyenne de la redevance en nature a avoisiné chaque année, les 400 Mm3. Les volumes de la redevance en nature ont baissé à une moyenne de 300 Mm3 en 2021.

Une consommation en gaz naturel en augmentation

Par ailleurs, les centrales thermiques et le secteur de l’industrie marocains ont enregistré une hausse de la consommation en gaz naturel passant de 540 Mm3 en 2007 à près de 772 Mm3 en 2021. La consommation des centrales thermiques à elles seules est passée d’une moyenne de 480 Mm3 en 2007 et 2008 à 583 Mm3 en 2010 à 745,21 Mm3 en 2011 pour atteindre un pic de près de 1 100 Mm3 en 2012.

Entre 2013 et 2017, la consommation de ces unités a été estimée, en moyenne annuelle, de 1 000 Mm3. Une baisse est constatée toutefois, à 950 Mm3 en 2018, à 884 Mm3 en 2019 à 668 Mm3 en 2020 pour s’établir durant la dernière année du contrat à 662 Mm3.  

Concernant la consommation du secteur industriel, elle a été évaluée à une moyenne annuelle de 50 Mm3 entre 2007 et 2011. Elle a augmenté ensuite à 75 Mm3 en 2012 et à 92 Mm3 une année plus tard. Entre 2018 et 2019, le volume consommé par ce secteur s’est stabilisé à plus de 98 Mm3 pour avoisiner les 110 Mm3 en 2021.

Le Maroc privé d’un approvisionnement gratuit en gaz 

Depuis 2021, avec l’arrêt du flux du gaz algérien, une partie du GME est utilisé en sens inverse pour importer du GNL (gaz naturel liquéfié) d’Espagne, diversifiant ainsi l’approvisionnement du Maroc, qui s’est tourné vers les marchés
internationaux.

Cela a permis d’approvisionner les deux centrales électriques avec du GNL importé (notamment des États-Unis) via l’Espagne qui dispose d’installations de de regazéification.

L’arrêt du GME a privé le Maroc d’un approvisionnement gratuit du gaz naturel algérien en forme de redevance qu’il percevait pour le passage du GME sur son territoire.

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