
Malgré une communication prétendument rodée et les tentatives régulières de couvrir ses exactions dans sa guerre totale contre les Palestiniens, Israël se fait toujours rattraper par une réalité qu’il lui est difficile de dissimuler : sous le prétexte de traquer le mouvement Hamas, il s’est livré à une entreprise de destruction massive qui n’a épargné ni les vies humaines, ni les infrastructures, ni les habitations et ni les champs agricoles à Gaza.
C’est en tous cas ce que montrent les images satellites. Devenues virales ces derniers jours, les vues de Gaza disponibles sur Google Earth et Google Maps donnent à voir l’ampleur des ravages et l’étendue des dégâts infligés par Israël à l’enclave palestinienne.
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Google Earth exposes devastation in Gaza with new updated images.
Satellite images show the scale of devastation near Al-Qadisiyah School in Rafah, comparing the area in May 2022 with its condition in 2026 during the war on Gaza. pic.twitter.com/RafYrHnG9z
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— Eye on Palestine (@EyeonPalestine) October 2, 2026
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Des millions d’internautes ont ainsi découvert des quartiers entiers rasés, réduits à des amas de gravats, des routes éventrées et des infrastructures totalement endommagées.
Gaza avant et après 2023 : Israël a tout rasé à Gaza
Partagées sur X par l’eurodéputé irlandais Barry Andrews, des captures d’écran montrant notamment Rafah, au sud de l’enclave, près de la frontière égyptienne, ont été vues plus de sept millions de fois.
Le député les a qualifiées d’« assez incroyables ». Mises à jour par Google en juin, les images permettent de mesurer visuellement les transformations du territoire entre 2023, début de la guerre après l’attaque du mouvement Hamas, et 2026.
À Tal al-Sultan, dans l’ouest de Rafah, les vues de 2026 montrent qu’il ne reste que quelques bâtiments debout là où s’étendait encore, quelques années auparavant, un tissu urbain dense.
Le même contraste apparaît à l’est de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza. Les images de juillet 2023 montrent des habitations entourées de bosquets.
En 2026, la végétation a presque disparu, laissant place à des étendues de sable et de décombres. Seules quelques rares structures apparaissent encore debout.
À Gaza-ville, les alentours de l’hôpital al-Chifa apparaissent eux aussi profondément transformés. Des bâtiments ont disparu et des espaces qui avaient d’autres fonctions-stade, carrefours ou ronds-points-sont devenus des lieux d’installation pour des populations déplacées, avec des rangées de tentes et d’abris de fortune.
À Rafah, des spécialistes de l’imagerie satellitaire, repris par de nombreux médias occidentaux, ont décrit une destruction particulièrement importante dans plusieurs secteurs, notamment à Tal al-Sultan. Les images donnent à voir un décor et une métamorphose du territoire qui n’ont rien à envier à ceux des destructions qui ont marqué la Seconde Guerre mondiale.
Guerre contre Gaza : un bilan effarant
Au-delà des images satellites, le bilan établi par les institutions internationales donne une mesure beaucoup plus précise de cette dévastation.
Le dernier Rapid Damage and Needs Assessment (RDNA), réalisé conjointement par la Banque mondiale, l’ONU et l’Union européenne, datant d’avril dernier, estime à 35,2 milliards de dollars les dommages physiques enregistrés dans la bande de Gaza jusqu’en octobre 2025.
Les pertes économiques et sociales sont, elles, évaluées à 22,7 milliards de dollars, portant l’impact cumulé à près de 58 milliards de dollars. Les besoins de reconstruction et de relèvement sont encore plus considérables : 71,4 milliards de dollars sur dix ans, dont 26,3 milliards nécessaires au cours des dix-huit premiers mois, selon le rapport.
Le secteur du logement concentre à lui seul environ 18 milliards de dollars de dommages. Près de 372 000 logements, soit plus des trois quarts du parc, ont été détruits ou endommagés. Plus d’un million de personnes ont perdu leur logement.
L’éducation a également été frappée de plein fouet. Près de 95 % des établissements scolaires avaient été endommagés ou détruits à la fin de 2025 selon l’Unicef, tandis que des centaines de milliers d’enfants ont été privés d’enseignement formel.
Le secteur de la santé n’a pas été épargné, non plus. Au moment de l’évaluation, moins de la moitié des hôpitaux et moins de 38 % des centres de soins primaires étaient encore partiellement fonctionnels.
Les infrastructures d’eau et d’assainissement, les routes, l’énergie, les télécommunications et les terres agricoles ont également subi des dégâts considérables. La destruction dépasse ainsi largement les seuls bâtiments résidentiels. Elle touche les réseaux essentiels à la survie de la population palestinienne.
Destruction de Gaza : complicité occidentale avec Israël
Lorsqu’il avait été cloué au pilori par des organismes internationaux et fortement critiqué par certaines ONG au vu de l’ampleur des destructions sans ménagement, Israël avait répliqué que ses opérations avaient pour objectif de démanteler les infrastructures du Hamas, d’éliminer ses combattants et d’empêcher son retour.
Mais les images satellites de Google Earth conjuguées à l’évaluation conjointe de la Banque mondiale, de l’ONU et de l’Union européenne montrent désormais une dévastation d’une ampleur telle qu’elle ne peut soutenir les arguments militaires avancés. À tous points de vue, il s’agit bel et bien d’une entreprise génocidaire que certaines puissances occidentales, par complicité ou complaisance, refusent de voir.