
La journée de négociations qui a réuni, ce dimanche 1er avril, Mokhtar Hasbellaoui, ministre de la Santé, et les délégués nationaux des résidents en sciences médicales a permis au ministre de reformuler d’anciennes propositions et d’en apporter d’autres, inédites jusqu’à aujourd’hui.
Du concret pour le service civil
Concernant le service civil, le ministre a proposé de fixer sa durée à « 3 à 4 ans pour les grandes villes universitaires du nord du pays et à une ou deux ans pour les villes du Sud », y compris les plus grandes.
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En plus de cette « modulation « de la durée du service civil, les futurs médecins spécialistes se verront garantir un logement qui devient une condition préalable à l’affectation dans un hôpital. La proposition du ministre prévoit qu’en cas d’absence de logement, le directeur de l’établissement devra recourir à la location.
Une prime d’installation dont le montant variera, en fonction de la zone d’affectation, de 20 000 à 60 000 dinars est accordée aux médecins du service civil.
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Le regroupement familial pour les couples de médecins est également assuré, selon le procès-verbal de la réunion. Rien n’est prévu en revanche dans le cas où le conjoint n’est pas médecin.
L’existence d’un « plateau technique » sera, comme le logement, une condition préalable à l’affectation du médecin spécialiste dans un hôpital.
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Pour les revendications portant sur le service militaire, le ministre de la Santé a fait une proposition jamais formulée jusqu’à alors. Il s’agit de déduire la durée du service militaire effectué du service civil. Ce qui ne règle pas le problème des résidents qui passent, dans la plupart des cas, le service militaire après le service civil.
La plupart de ces propositions ont déjà été formulées par le passé, sans satisfaire les résidents.
Réforme du statut du résident
La réouverture du dossier du statut du résident est l’une des propositions concrètes et inédites faites aujourd’hui par le ministre de la Santé. Celui-ci a donné son accord pour ouvrir ce dossier en vue d’apporter « toutes les corrections nécessaires aux insuffisances et incohérences contenues dans le statut actuel ». Ceci permettra, entre autres, d’accorder un droit entier au congé de maternité aux spécialistes du service civil, d’offrir aux médecins une couverture juridique et un droit aux congés spéciaux.
Le procès-verbal de la réunion précise également que le droit syndical s’exercera pour les résidents conformément à l’article 42 de la loi 90-14.
Le ministre de la Santé a également proposé de défendre le droit des spécialistes en hémobiologie, immunologie, biochimie, parasitologie, toxicologie, hématologie, histo-embryologie et génétique clinique d’ouvrir des laboratoires polyvalents à titre privé, ce qu’interdit le projet de nouvelle loi de Santé.
Le ministre de la Santé a mis comme condition pour l’application de ses propositions l’arrêt de la grève et la reprise du travail.
« Les résidents se réuniront dans chaque hôpital, dans des assemblées générales pour se prononcer sur l’arrêt ou la poursuite de la grève », a appris à TSA le Dr Benseba, délégué du Camra pour Tizi-Ouzou.
Selon des résidents approchés par TSA et qui ont souhaité rester anonymes, ces propositions sont loin de satisfaire les attentes des grévistes et ont peu de chance de les convaincre de reprendre le travail dans l’immédiat.