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Guerre Israël – Gaza : la grogne atteint les hauts fonctionnaires occidentaux

L’étau se resserre autour d’Israël, empêtré dans l’engrenage de son agression contre la bande de Gaza qui bouclera bientôt son quatrième mois. Après les opinions publiques, c’est au tour des hauts fonctionnaires occidentaux de dire leur ras-le-bol de l’impunité dont jouit l’État hébreu, en dépit des crimes flagrants de son armée. L’action qu’ils ont menée est retentissante.

Depuis le 7 octobre 2023, l’armée israélienne bombarde de manière indiscriminée la bande de Gaza, tuant 27 000 civils au moins, des organisations internationales craignant que des milliers de corps soient toujours sous les ruines de la ville détruite.

Au fil des semaines et des images choquantes qui parviennent au monde de l’enclave palestinienne, les opinions publiques occidentales, en dépit de la machine de propagande pro-israélienne impitoyable, se sont retournées contre le gouvernement extrémiste de Tel-Aviv et son armée, comme l’ont montré sondages et marches imposantes dans les principales villes d’Europe et aux États-Unis.

À l’exception de l’Espagne, de l’Écosse, de l’Irlande, les gouvernements de plusieurs pays occidentaux, eux, ont apporté un soutien inconditionnel à Israël, bien que l’Union européenne semble depuis quelques semaines pousser pour aller vers le règlement global du conflit à travers la mise en œuvre de la solution à deux États.

Les États-Unis ont mis à deux reprises leur véto contre des résolutions du conseil de sécurité appelant à un cessez-le-feu à Gaza et ils viennent de signifier leur opposition à une nouvelle proposition de l’Algérie dans ce sens.

En plus de ce soutien diplomatique, les Occidentaux offrent également une aide matérielle à l’État hébreu, avec notamment la livraison d’importantes quantités d’armes américaines. Après les États-Unis, le principal soutien d’Israël en Europe c’est l’Allemagne. D’autres pays européens se montrent toutefois critiques vis-à-vis de Tel-Aviv, comme l’Espagne, la Belgique, l’Écosse et l’Irlande.

La semaine passée, une dizaine de pays d’Europe, dont l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France, ont suivi Washington dans sa décision de suspendre sa contribution à l’agence onusienne UNRWA qui vient en aide aux réfugiés palestiniens, après l’accusation par Israël de certains de ses employés d’avoir participé à l’attaque menée par le mouvement Hamas le 7 octobre.

Ce soutien sans faille à Israël malgré la barbarie des crimes que commet son armée à Gaza et les mensonges de son gouvernement sur le déroulement de l’attaque du 7 octobre a fini par faire réagir des fonctionnaires occidentaux qui ont mené une action collective retentissante.

Des centaines de fonctionnaires occidentaux refusent le soutien de leurs gouvernements à Israël

Plus de 800 fonctionnaires américains et européens ont signé un document appelant à un cessez-le-feu à Gaza et exhortant leurs gouvernements à arrêter leurs livraisons d’armes à Israël, une semaine après le verdict favorable à la Palestine rendu par la Cour internationale de justice (CIJ), saisie par l’Afrique du Sud qui accusait Israël de génocide. La décision de la Cour rend « légitimes » les inquiétudes des fonctionnaires, a déclaré l’un d’entre eux à CNN.

Selon le magazine américain Time, les cadres contestataires, qui ont signé le document anonymement pour éviter d’éventuelles représailles, craignent que « les gouvernements occidentaux ne se rendent complices de l’une des pires catastrophes humanitaires du XXIe siècle ». Ils dénoncent l’incapacité des mêmes gouvernements à soumettre Israël aux normes internationales qu’ils appliquent à d’autres États.

L’initiative de l’appel a été prise par de hauts fonctionnaires de l’UE, des Pays-Bas et des États-Unis, suivis par des cadres supérieurs belges, allemands, italiens, danois, finlandais, français, suisses, suédois, espagnols et britanniques.

Commentant cette initiative sans précédent, le New York Times estime qu’elle montre le degré de division des fonctionnaires, « y compris parmi ceux en charge de mener à bien la politique étrangère de leurs États », causée par le soutien des gouvernements occidentaux à Israël.

À la mi-novembre, des ambassadeurs français en poste au Moyen-Orient ont mis en garde leur hiérarchie contre les retombées du soutien apporté par Paris à Israël. Ils ont été imités quelques jours plus tard par des diplomates à la retraite.

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