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Hymne national algérien Kassaman : la France réagit

Hymne national algérien Kassaman : la France réagit

Le couplet de l’hymne national algérien Kassaman citant nommément la France continue de faire réagir. Après les commentaires de la presse française, la ministre des Affaires étrangères Catherine Colonna s’est exprimée sur le sujet.

En mai dernier, le président de la République Abdelmadjid Tebboune a signé un décret relatif précisant les circonstances d’exécution de l’hymne national Kassaman dans ses partitions complète et réduite.

L’hymne composé par le poète algérien Moufdi Zakaria pendant la guerre de Libération nationale cite dans un de ses couplets la France indiquant à son adresse que l’heure de « rendre des comptes » est arrivée.

Dans les années 1980, les autorités ont tenté de le supprimer mais la proposition a été rejetée par le parlement.

Le décret signé par le président de la République ne rétablit pas le couplet puisqu’il n’a jamais été supprimé officiellement. C’est juste qu’il ne fût quasiment plus exécuté en pratique.

La nouveauté du décret du mois de mai dernier ajoute une autre circonstance pour l’exécution de la partition complète, à savoir les cérémonies officielles en présence du président de la République, alors qu’elle se limitait jusque-là au congrès du FLN (ex-parti unique) et l’investiture du président.

Il précise aussi, contrairement au décret de 1986 muet sur ce point, que l’exécution de la partition complète doit concerner les cinq couplets, c’est à dire y compris celui citant la France.

Pour la ministre française des Affaires étrangères, il s’agit d’une décision « un peu à contre temps », s’interrogeant sur « la décision d’étendre l’usage d’un hymne qui date d’une autre époque ».

Paris se prononce sur le couplet de l’hymne algérien citant la France

Catherine Colonna, qui s’exprimait dans une interview à LCI, a quelque peu exprimé sa compréhension du fait que l’hymne national algérien a été composé dans « un contexte qui était celui de la décolonisation, et pour tout dire de la guerre », ce qui, selon elle, explique « les fortes paroles » concernant la France.

La cheffe de la diplomatie française concède aussi que même l’hymne national français « est un peu guerrier ».  « Même si nous ne citons personne », ajoute-t-elle.

Lorsque les autorités algériennes ont voulu supprimer le couplet, le motif invoqué, selon l’ancien secrétaire général de l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM), Mohand Ouamar Benelhadj, était qu’aucun hymne au monde ne cite un autre pays.

La ministre française a précisé qu’il ne s’agit pas d’ « oublier notre histoire ». « Nous ne le demandons à personne et nous ne souhaitons pas le faire. Il s’agit de la regarder en face et de la dépasser », a-t-elle expliqué.

Le contentieux mémoriel est l’un des points sur lesquels butent les relations algéro-françaises. La polémique sur la teneur de l’hymne Kassaman survient alors que des spéculations entourent la visite prévue du président algérien en France.

Programmée pour cette seconde moitié de juin, la visite pourrait être reportée pour la rentrée de septembre, selon plusieurs titres de la presse française.

Mme Colonna a rappelé que les deux pays ont décidé il y a une année de « donner un nouvel élan à leurs relations », et qu’ils préparent actuellement la visite de Tebboune à Paris. Elle n’a toutefois donné aucune date pour ce déplacement.

Certains médias français comme le Point, un magazine proche de l’extrême-droite, écrivent que l’hymne national sera exécuté dans son intégralité même lors de la visite des chefs d’Etats étrangers, alors que c’est faux.

L’article 3 du décret du 21 mai dernier dispose que Kassaman sera exécuté dans sa version réduite « lors des visites officielles des Chefs d’Etat et des personnalités de même rang, hôtes de l’Algérie, où l’hymne national est exécuté après l’hymne du pays étranger. »

Sur son site internet, la chaîne Cnews, qui est également proche de l’extrême droite, reprend l’information du Point, que l’hymne national algérien sera exécuté intégralement lors de visites de chefs d’Etat, ce qui créerait une « situation qui pourrait s’avérer gênante lors de la prochaine visite officielle d’Emmanuel Macron en Algérie puisque le troisième couplet vise directement notre pays. »

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