
En Algérie, l’exemption du fret maritime de la formalité du programme prévisionnel d’importation (PPI) prendra fin officiellement le 31 décembre 2025.
À quelques jours de l’échéance, les opérateurs algériens demeurent dans le flou. Ni le ministère du Commerce extérieur ni l’Association des banques et établissements financiers (ABEF) ne se sont exprimés sur le maintien où la levée de la dérogation.
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L’Algérie a mis en place en juillet dernier le PPI, obligeant les entreprises de déclarer au ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations leur programme d’importation pour le deuxième semestre de 2025.
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La mesure est destinée à lutter contre les abus et malversations constatés chez certaines entreprises qui importent pour leurs besoins de fonctionnement, avant de vendre les produits sur le marché noir.
Sans cette formalité, aucune domiciliation bancaire ni dédouanement de marchandise n’est possible pour les importateurs pour leurs propres besoins ou pour la revente en l’état.
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Une dérogation qui expire le 31 décembre 2025
À la mi-novembre dernier, une décision exceptionnelle a été prise concernant les frais de fret maritime, considérés comme des importations de services.
Dans une note aux banques commerciales, l’ABEF les a informées de la décision du ministère du Commerce extérieur d’autoriser la domiciliation bancaire des opérations liées aux frais de transport des marchandises importées, sans passer par le programme prévisionnel d’importation. La dérogation est valable jusqu’au 31 décembre 2025, a précisé l’Abef.
Le département de Kamel Rezig a précisé de son côté dans un communiqué que la dérogation ne concernait que les “frais de transport (fret) pour les opérations d’importation valables jusqu’au 31 décembre 2025.”
Tout en expliquant que la mesure visait à “faciliter les opérations d’expédition”, le ministère a précisé que les banques commerciales “sont tenues de fournir au ministère les bilans de la domiciliation bancaire relative aux frais de transport pour la même période”.
Toutes les autres opérations d’importation, qu’elles soient au titre du fonctionnement ou de l’équipement, restent soumises au programme prévisionnel d’importation (PPI), a indiqué le ministère du Commerce.
Le 16 décembre, ce même département a annoncé la reconduction du dispositif du PPI pour un semestre supplémentaire, jusqu’en juillet 2026, tout en mettant en place une plateforme numérique dédiée à la gestion et au suivi des programmes prévisionnels d’importation des matières premières pour la même période.
La problématique du fret maritime
Le PPI est donc officiellement maintenu pour les six prochains mois, mais rien n’a été communiqué concernant les frais de fret maritime, alors que la dérogation accordée expire dans une semaine.
Les frais de transports maritimes constituent une part importante de la facture des importations de l’Algérie et s’élèvent chaque année à plusieurs milliards de dollars, suivant le volume des marchandises importées et les fluctuations des tarifs appliqués par armateurs.
Le règlement de ces frais donne parfois lieu à des abus, notamment des surfacturations, ce qui rend légitime le contrôle que veulent exercer les autorités pour lutter contre la fraude et le transfert illégal de devises.
Ceux qui achètent en CFR (coût et fret inclus) sont plus exposés à des surfacturations des tarifs du fret de la part de leurs fournisseurs que ceux qui importent en FOB. « Mais les entreprises qui ne sont pas dotées de moyens pour importer en FOB le font en CFR », explique un spécialiste du transport maritime.
Néanmoins, la volatilité des tarifs chez les armateurs et les nombreux imprévus, comme les tensions en mer Rouge ou même le déroutement des navires d’un port algérien vers un autre à cause de la congestion, fait qu’il est difficile pour les importateurs de prévoir les surestaries et de quantifier les frais à l’avance dans leur programme prévisionnel.
Les opérateurs sont dans l’attente d’une décision des autorités concernées quant à la reconduction ou la levée de la dérogation.
« Le contexte du transport maritime international est complexe. Avant le chargement de la marchandise d’un port ou d’un aéroport à l’étranger, le chargeur guette l’opportunité de réserver un navire ou avion-cargo. Les tarifs changent, et les moyens de transport ne sont pas tout le temps disponible et les lignes directes vers les ports algériens ne sont pas nombreuses », explique le spécialiste du fret maritime.
En plus du PPI obligatoire, le gouvernement exige aussi une autorisation préalable pour l’importation des services.