
Les importations de l’Algérie ont fortement augmenté de 24,8% durant le premier semestre 2025, entraînant des mesures drastiques du gouvernement pour limiter le déficit commercial du pays.
« Au premier semestre 2025, les importations ont enregistré une hausse significative de 24,8%, atteignant 3 767 milliards de dinars, contre 3 018,3 milliards au cours du premier semestre 2024. En revanche, les exportations ont connu une baisse de 8,5%, s’établissant à 3 055,6 milliards de dinars contre 3 338,3 milliards un an auparavant. Cela a entraîné un déficit commercial de 711,5 milliards de dinars et un recul du taux de couverture à 81,1% », a indiqué l’Office national des statistiques.
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Forte hausse des importations en 2025
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Au deuxième trimestre 2025, les importations de biens et services de l’Algérie ont enregistré une « forte progression en volume de 30,6%, contre 13,4% à la même période de 2024 », a ajouté l’ONS dans une autre publication.
« Cette hausse marquée s’explique principalement par la dynamique des importations de biens, qui ont augmenté de 34,1%, comparativement à 14,8% une année auparavant », a expliqué l’ONS.
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Pourquoi les importations de l’Algérie ont-elles connu une telle hausse durant les six premiers mois de l’année 2025. TSA a posé la question à l’économiste Brahim Guendouzi.
« La hausse des importations durant le premier semestre 2025 est induite principalement par les achats d’intrants et d’équipements pour faire fonctionner l’outil de production. Il faut rappeler que la croissance hors hydrocarbures a été appréciable. En second lieu, c’est l’approvisionnement du marché national en biens alimentaires et autres produits de consommation durable », explique-t-il.
Le professeur d’économie à l’université de Tizi-Ouzou ajoute un troisième facteur pour expliquer cette hausse des importations du pays. « En troisième lieu, les biens d’équipement dans le cadre de l’investissement public et privé puisque de nombreux projets sont entrés en phase de réalisation », complète-t-il.
Enfin, l’économiste ajoute la politique « intensive » de l’Algérie en matière d’infrastructures économiques, particulièrement dans le transport ferroviaire, qui a « engendré d’importants achats de l’étranger ».
Une année de rattrapage
Ces importations dévoilent un point faible de l’économie algérienne qui reste une « économie extravertie, c’est-à-dire fortement dépendante de ses approvisionnements de l’extérieur, du fait de l’absence d’une diversification de son tissu économique », analyse-t-il..
Lancés il y a deux ans, de nombreux grands ferroviaires, notamment le chemin de fer reliant Gara Djebilet à Béchar sur 950 km qui doit être livré avant fin 2025, sont arrivés à leur fin. Cette année a été celle de l’installation des différents équipements nécessaires à la mise en service de grands projets d’infrastructures.
À cela s’ajoutent le projet d’exploitation du gisement géant de minerai de fer de Gara Djebilet, la grande ligne ferroviaire minière de l’est du pays entre Annaba et le gisement de phosphate de Bled el Hadba à Tébessa sur 450 km, la modernisation de la ligne ferroviaire Beni Mansour – Bejaia, et les lignes de chemins de fer inaugurées dans les Hauts plateaux. Ces projets ont nécessité des investissements de plusieurs milliards de dollars.
« Ce qui n’a pas été importé durant les deux dernières années a été rattrapé en 2025. C’est donc une année de rattrapage des importations de biens », explique une autre source économique.
Face à la forte hausse des importations, l’Algérie a pris des mesures drastiques pour renforcer le contrôle extérieur, en instaurant le 8 juillet dernier, le Programme prévisionnel d’importation (PPI) qui est obligatoire pour la domiciliation bancaire des opérations d’importation et le dédouanement des marchandises importées.