
Le monde entier a été surpris par l’efficacité de l’attaque israélo-américaine contre l’Iran qui a débouché dès les premières frappes, samedi 28 février, sur l’élimination de l’élite dirigeante du pays, y compris le guide de la révolution Ali Khamenei.
Une telle efficacité a été rendue possible par des années d’espionnage et de surveillance, y compris par le piratage du système des feux de signalisation de Téhéran. On comprend mieux pourquoi l’Algérie a abandonné en 2017 un projet de mise en place dans la capitale d’un système de deux tricolores muni de caméras.
A lire aussi : Imane Khelif dément sa retraite et accuse son ex-manager de trahison
Selon le journal britannique The Financial Times, les services de renseignement israéliens ont piraté pendant des années les caméras de circulation de la ville de Téhéran, parvenant ainsi à suivre et à consigner les moindres déplacements des hauts dirigeants du pays.
Le guide Ali Khamenei était particulièrement ciblé. Ses habitudes de déplacement, ainsi que celles de ses collaborateurs, ses chauffeurs et ses gardes du corps, ont été établies avec une grande précision grâce à l’infiltration du système de signalisation de la capitale. Les données ainsi collectées étaient envoyées sur des serveurs de Tel-Aviv puis analysées par des algorithmes, révèle la même source.
A lire aussi : Visas diplomatiques : l’Algérie accuse la France de « mauvaise foi »
Citant des sources au sein du Mossad israélien, le journal économique indique que près de la résidence où Khamenei a été tué, une caméra s’est avérée particulièrement déterminante.
Elle a permis au renseignement israélien d’avoir un regard direct sur le parking où les agents de sécurité garaient leurs voitures et de voir dans le moindre détail qui ils étaient chargés de protéger et de conduire à travers la ville. Les itinéraires étaient aussi surveillés par le même procédé.
A lire aussi : L’Algérie instaure un triple contrôle des importations
Feux tricolores munis de caméras : un danger qui n’a pas échappé aux services algériens
“On connaissait Téhéran aussi bien que Jérusalem. Et quand vous connaissez un endroit aussi bien que la rue dans laquelle vous avez grandi, vous remarquez dès que la moindre chose n’est pas à sa place”, a confié la même source israélienne.
A première vue anodines, les caméras des deux tricolores s’avèrent donc être une arme d’espionnage d’une efficacité redoutable.
Pour décongestionner le trafic suffocant à Alger, les autorités algériennes avaient entamé en 2017 un ambitieux projet prévoyant de doter les carrefours de la capitale de 500 feux tricolores, connectés et gérés à distance.
Doté d’une enveloppe de 15 milliards de dinars, le projet a été confié à la société algéro-espagnole Mobeal.
Mais au mois de janvier 2021, seuls 22 carrefours étaient dotés de feux tricolores. Face aux critiques, le ministre des travaux publics de l’époque et ministre des Transports par intérim, Farouk Chiali, avait apporté l’explication devant l’Assemblée populaire nationale (APN).
Le projet s’est arrêté à cause, entre autres raisons, du refus des autorités d’accorder les autorisations pour l’utilisation des caméras de surveillance, a-t-il expliqué.
Pour des raisons liées justement aux risques de pister des dirigeants lors de leurs déplacements dans la capitale, les services de sécurité ont opposé leur véto à ce projet.
Bien qu’il n’y eût pas de précédent connu à l’époque, les services de sécurité algériens avaient anticipé le risque que peut représenter pour la sécurité du pays le piratage de centaines de caméras disséminées aux quatre coins de la capitale. C’est ce qu’on appelle avoir une longueur d’avance.