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JSK : le grave dérapage de Cherif Mellal

JSK : le grave dérapage de Cherif Mellal

Quelle mouche a donc piqué le président de la JSK, Cherif Mellal, pour se donner en spectacle, samedi 12 janvier au palais Paris-Bercy à la fin du concert « 1, 2, 3 Kabylie » ?

Dans une vidéo partagée sur les réseaux sociaux, le patron du club le plus titré d’Algérie était dans tous ses états. Dépareillé, il vociférait, gesticulait et était à un cheveu de s’en prendre à un organisateur qui tentait de le calmer.

« Opportunisme, opportunisme, opportunisme. Ils ont vendu notre honneur et celui de l’Algérie », criait-il de toutes ses forces en ciblant, selon certains, le dirigeant de l’USMA Rebouh Haddad, présent sur les lieux, quoique ce dernier a essayé, très diplomatiquement, de minimiser la gravité de l’incident en assurant ne pas avoir de problème avec la JSK.

L’objet de la colère noire dans laquelle est rentré ce dernier ? Selon un journaliste de TSA présent sur place, il s’est senti floué par les organisateurs du concert qui ne l’ont pas appelé sur scène pour, après avoir rameuté les supporters de la JSK pour y assister, remettre des maillots de son club aux artistes et y a cru voir un coup tordu des Haddad.

D’où son malheureux pétage de plomb qui a jeté la consternation parmi les présents. Ce qui n’est pas fait pour arranger les affaires de Cherif Mellal est que son dérapage s’est déroulé sous les yeux des principaux sponsors de la JSK, Issad Rebrab (Cevital) et Ibrahim Kaci (Ifri), qui n’en revenaient pas.

Et s’il avait voulu nuire aux intérêts de son club, il ne s’y serait pas pris pas autrement, lui qui a pourtant tant besoin de financements pour mener à bon port les grands projets qu’il a annoncés.

Le hic est qu’il n’est pas à une incartade près, avec ses inutiles et bruyantes polémiques avec le manager général de l’USMA Abdelhakim Serrar et le président de la LFP Abdelkrim Medouar, mais dans le fond il doit avoir ses raisons.

Et à force de vouloir, coûte que coûte, camper le rôle de redresseur de tort, il risque d’aller droit dans le mur et de mener la JSK à sa perte.

En outre, M.Mellal semble avoir oublié qu’il est sous le coup d’une suspension et, du coup, il n’a, objectivement, pas le droit de représenter la JSK à une quelconque cérémonie officielle ou non.

Aussi, il est dans son intérêt, et surtout celui de la JSK, de faire preuve de sagesse et de pondération comme le lui a recommandé à juste titre son prédécesseur Mohand Cherif Hanachi, dans une déclaration à la presse, même si ce dernier, faut-il sans doute le souligner, avec ses propos à l’emporte-pièce et ses attaques assassines contre ses adversaires, est loin d’être un parangon en matière de modération.

Mais son conseil sonne juste et l’actuel président se doit de redescendre sur terre en ne sacrifiant pas l’essentiel pour de l’accessoire.

Certes, il a miraculeusement sauvé la JSK du purgatoire la saison passée et a réussi à redonner une âme à son équipe qui a fait une phase-aller époustouflante dans le championnat 2018-2019 mais cela ne l’autorise aucunement à faire preuve de cette insoutenable légèreté.

Pour lui-même et surtout pour la renommée de la JSK qui, il ne doit jamais l’oublier, n’est pas un club quelconque. Il doit se montrer, à tout moment, digne de la grandeur de ce club qui a tant donné à la Kabylie et à l’Algérie. Il ne doit pas oublier, son rôle d’éducateur, en tant que président d’un club de football très populaire, en respectant et en défendant les valeurs du sport roi, le fair-play et de ne pas nourrir, par ses comportements condamnables et injustifiables, la bête immonde de la violence, dans un contexte social explosif. Ses gestes ne doivent en aucun cas être glorifiés.

Il se peut que sa jeunesse et son inexpérience dans la gestion d’un club sont pour quelque chose dans les errements actuels de Cherif Mellal mais il doit se ressaisir et se montrer digne de ses prédécesseurs, notamment Boussad Benkaci et Abdelkader Khalef. Une autre façon de faire retrouver à la JSK son lustre d’antan.

 

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