
Les élections américaines de mi-mandat de mardi 3 novembre, qui ont sanctionné le camp du président Donald Trump, ont un large retentissement en France qui, au contraire, s’apprête à porter au pouvoir un parti de la même mouvance populiste.
Karim Amellal, enseignant de sciences politiques et ancien ambassadeur de France pour la Méditerranée, en tire “trois grandes leçons” et explique quels enseignements peuvent être tirés en France de cette expérience américaine.
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La première leçon, dit-il dans une déclaration à TSA, c’est “évidemment la défaite personnelle de Donald Trump”, mais aussi “la formidable résilience de la démocratie américaine ».
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“On disait ses contre-pouvoirs affaiblis, voire anéantis, après deux années de trumpisme. Ils ont incontestablement été malmenés par Trump et ses affidés, mais la démocratie américaine démontre qu’elle conserve une vitalité et une capacité de résistance considérables”, analyse l’auteur de La part algérienne de la France.
“Aucune fatalité du trumpisme”
La deuxième leçon qui ne lui échappe pas, c’est que, estime-t-il, “il n’y a aucune fatalité du trumpisme, ni plus largement du national-populisme”. Néanmoins, Karim Amellal tempère en se disant “pas certain que ces résultats traduisent une véritable dynamique en faveur des démocrates”.
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Pour lui, le vote des Américains exprime d’abord leur “profond ras-le-bol face à la corruption, à la dégradation de leur pouvoir d’achat, aux conséquences de la guerre en Iran et, plus généralement, à la détérioration de leurs conditions de vie.”
C’est donc “davantage un vote sanction qu’un vote d’adhésion à une alternative politique”.
“Le national-populisme peut séduire mais peut aussi être sanctionné”
S’agissant des enseignements qui peuvent en être tirés en France à quelques de la présidentielle de 2027 où Marine Le Pen, la candidate de l’extrême droite, est donnée favorite par les sondages, Amellal souligne d’abord qu’il faut se garder de toute “transposition mécanique” car les contextes politiques et institutionnels sont, selon lui, “très différents”, et les élections américaines se jouent selon “des logiques territoriales” qui n’ont pas grand-chose à voir avec l’élection présidentielle française.
“Mais une chose me paraît essentielle : le trumpisme n’est pas invincible”, dit-il. A l’adresse de ceux qui, en Europe et notamment en France, s’en inspirent ou s’en réclament, il conseille de “méditer” cette “sanction électorale ». “Le national-populisme peut séduire, il peut conquérir le pouvoir mais il peut aussi décevoir profondément et être sanctionné par les électeurs”, conclut l’ancien ambassadeur à la Méditerranée.