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La fraude à l’exportation, l’autre fléau qui gangrène l’économie algérienne

Le président Tebboune a parlé samedi soir de la fraude aux exportations hors hydrocarbures et révélé avoir découvert que 350 millions de dollars n’ont pas été rapatriés.

La fraude à l’exportation, l’autre fléau qui gangrène l’économie algérienne
Fraude aux exportations en Algérie : Tebboune découvre 350 millions $ non rapatriés | Par Summit Art Creations / Adobe Stock
Ali Idir
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Jusqu’où iront la spéculation et les malversations économiques en Algérie ? Surtout, que faudra-t-il faire contre ces pratiques qui semblent avoir la peau dure malgré le durcissement de la législation et les peines très lourdes que prononce systématiquement la justice ?

Après les importations, ce sont les exportations hors hydrocarbures qui sont touchées par la fraude, ce fléau qui gangrène l’économie nationale et ternit la réputation des chefs d’entreprises algériens. Samedi soir, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a dévoilé des pratiques « inacceptables ».

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Spéculation : Tebboune dénonce des “microbes” et des “virus”

 

Samedi, dans son entrevue périodique avec des représentants de médias nationaux, le président Tebboune a de nouveau évoqué le phénomène avec beaucoup d’amertume et des mots durs. “À chaque fois, il y a un microbe, un virus…”, a-t-il fustigé.

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C’est que ces pratiques portent préjudice à la fois à l’économie nationale et au pouvoir d’achat des citoyens. 

“Ces spéculateurs ne permettent pas au corps économique de rester sain”, “ça nous désorganise”, a dénoncé le chef de l’État. 

Abdelmadjid Tebboune a mis dans cette case les flambées qui touchent les prix de certains produits agricoles. S’il y a une raison “acceptable” à ces hausses des prix, à savoir les fortes pluies qui empêchent les agriculteurs de faire la récolte, il y a un autre facteur, la spéculation, qui est, elle, “inacceptable”. C’est un “mal enraciné”, a-t-il regretté.

Pour le président, “ce n’est pas une flambée économique due à des facteurs économiques. Elle est due à des facteurs purement humains.”

D’autant plus que, a-t-il souligné, le pays n’exporte pas suffisamment de produits agricoles pour créer une raréfaction sur le marché. 

 

Celui qui spécule sur les moutons importés le “paiera chèrement”

Depuis plusieurs années, la spéculation touche régulièrement différents types de produits alimentaires de large consommation, notamment ceux dont les prix bénéficient du soutien de l’État, et parfois des produits industriels comme les véhicules assemblés localement, les pneus… 

Le président Tebboune redoute que le phénomène touche les moutons que l’Algérie est en train d’importer en prévision de l’Aïd El Adha et adresse une sévère mise en garde.

“J’espère qu’il n’y aura pas de spéculation sur le mouton de l’Aïd, parce que, celui qu’on attrapera, il paiera chèrement. Il y a des gens qui y pensent déjà”, a-t-il averti.  

“Quand j’importe 1 million de têtes, c’est de l’argent, c’est énorme. Ce n’est pas pour permettre aux spectateurs de s’en mettre plein les poches”, a-t-il ajouté. 

Le chef de l’Etat a évoqué un autre phénomène tout aussi préjudiciable pour l’économie nationale, celui de la sous-facturation des exportations hors hydrocarbures et du non-rapatriement des devises. 

 

Exportations : 350 millions de dollars n’ont pas été rapatriés 

 

“On s’est débarrassé de la issaba qui faisait de la surfacturation et nous avons aujourd’hui une issaba de la sous-facturation”, a-t-il dénoncé, illustrant cette pratique par un exemple simple : quand des dattes sont exportées pour 1 euro le kg, le prix déclaré est de 20 centimes.  Et encore, même les sommes déclarées ne sont pas toujours rapatriées.  

Abdelmadjid Tebboune a fait une révélation dans ce sens : “Je viens de découvrir lors d’une réunion que j’ai tenue avant-hier sur le commerce extérieur qu’il y a 350 millions de dollars qui n’ont pas été rapatriés.” Ce montant concerne une seule période restreinte et les sommes non rapatriées devraient être bien plus élevées, a-t-il précisé. 

“Pourquoi exporter si on n’a pas l’argent ? Je n’expire pas pour t’enrichir toi”, a-t-il lancé à l’adresse de ceux qui s’adonnent à cette pratique. 

“L’exportation porte en elle aussi les germes du trafic que nous sommes en train de surveiller, que nous ne connaissions pas parce que nous étions acheteurs avant d’être vendeurs”, a expliqué Abdelmadjid Tebboune.  

Il a rappelé l’engagement pris par le Conseil du renouveau économique algérien (CREA) d’atteindre près de 30 milliards USD d’exportations hors hydrocarbures à l’horizon 2030.

 

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