Société

La maladie de la vache folle détectée sur des dromadaires en Algérie

L’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) connue sous le nom de « maladie de la vache folle » a été détectée par deux chercheurs algériens sur des dromadaires en Algérie.

C’est ce que révèle le média électronique « The Conversation » détenu par une fondation australienne sans but lucratif.

Ce média qui propose des contenus provenant de la communauté universitaire alerte même sur un risque de transmission à l’humain d’autant plus que l’Algérie compte près de 350 000 dromadaires.

« Le risque pour les populations autochtones, du fait de la consommation de viande et de lait de camélidés est à considérer sérieusement », alertent les scientifiques cités par ce média australien.

En cause : « Les prions sont des agents pathogènes qui ne sont ni des virus ni des bactéries, mais correspondent à une protéine dont l’organisation est non conventionnelle. La protéine du prion existe dans un état normal chez les individus et les animaux sains ; lorsqu’elle se transforme pour des raisons et par des mécanismes non encore complètement connus, elle s’accumule sous la forme de particules toxiques pour le système nerveux. Cette affection ressemble aux maladies d’Alzheimer et de Parkinson », explique ce média scientifique.

En 2018, deux chercheurs algériens, Baaissa Babelhadj, vétérinaire et au généticien Semir Bechir Suheil Gaouar, respectivement des universités de Ouargla et de Tlemcen, ont découverts les premiers cas de dromadaires touchés par un prion.

Quatre ans auparavant, les deux chercheurs avaient remarqué que des dromadaires destinés à l’abattage présentaient des tremblements, des grincements de dents, une agressivité, des mouvements anormaux de la
tête, une démarche chancelante, des chutes occasionnelles et des difficultés à se lever avant de succomber.

Selon ces deux scientifiques, 3,1 % des dromadaires envoyés à l’abattoir de Ouargla en 2015 (20 cas sur 937) et en 2016 (51 cas sur 1 322) présentaient ces symptômes.

Selon des éleveurs et le personnel d’abattoirs, de tels symptômes ont été observés dès les années 1980. Les analyses anapathologiques ont abouti à identifier une nouvelle forme de prion appelée « camel-prion disease ».

Une étude approfondie a été engagée avec le laboratoire de référence basé à Rome et a conduit à une publication dans la revue scientifique Emerging Infectious Diseases en 2018.

Paradoxalement, selon ce média, une telle publication a valu aux deux scientifiques algériens et au ministère de l’Enseignement supérieur un avertissement de la part du ministère de l’Agriculture.

Pourtant c’est la première description d’une maladie à prion chez les camélidés dans le monde. Enfin, les chercheurs cités par ce média australien plaident pour « l’instauration de mesures d’épidémiosurveillance active pour enrayer la transmission de cette maladie ».

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