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L’Algérie conclut un contrat historique d’importation de blé

L’Algérie a conclu un contrat historique d’importation de blé tendre. La France ne figure pas parmi les fournisseurs.

L’Algérie conclut un contrat historique d’importation de blé
Quant au blé français, le prix dit « Rendu Rouen » est actuellement de 185 €/tonne / Par branex / Adobe Stock pour TSA
Djamel Belaid
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L’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) a finalisé le 3 décembre dernier un contrat portant sur l’importation d’une importante quantité de blé tendre.

Un achat conclu sur le marché international à la faveur d’une baisse des prix. Il s’agit là d’un des achats les plus élevés de l’année qui intervient dans une période de semis contrariés par un retard des pluies.

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Sur la base d’informations recueillies auprès d’opérateurs européens, l’agence Reuters, indique que l’Algérie a acheté via son monopole public entre 810.000 et 900.000 tonnes de blé tendre. Plusieurs entreprises ont été retenues, ce qui confirme l’ampleur de cette acquisition.

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Selon le libellé de l’appel d’offres international, le blé devra être expédié entre le 1ᵉʳ et le 15 février et entre le 16 et le 28 février, selon qu’il provient d’Europe ou de la mer Noire. Quant au blé en provenance d’Amérique du Sud ou d’Australie, ces dates sont repoussées d’un mois.

Un contexte international marqué par une surproduction de blé

Sous le titre, « l’Algérie a acheté un important lot de blé », le site ukrainien Ukragroconsult a indiqué vendredi 5 décembre que « jusqu’à 900.000 tonnes de blé ont été achetées au prix de 256 dollars C&F auprès de cinq sociétés. »

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Le prix C&F de ce blé inclurait le coût, l’assurance ainsi que le fret. Quant au blé français, le prix dit « Rendu Rouen » est actuellement de 185 €/tonne. Un prix à majorer du fait notamment du coût de l’assurance et du fret. En décembre 2024, le site Platts établissait un comparatif de prix concernant la tonne de blé : 228 dollars pour le blé ukrainien, 234 dollars pour le blé russe et 247 dollars pour le blé français.

Selon des sources en provenance de négociants, une part du blé acheté par l’OAIC proviendrait de Russie et une autre d’Argentine ; la France serait absente.

Ce choix de l’OAIC a eu pour conséquence un commentaire de la revue France Agricole : « Malgré la très bonne compétitivité du blé français sur la scène à l’exportation, l’origine hexagonale est une fois de plus exclue de cet appel d’offres algérien ».

L’explication avancée : « pour raison diplomatique, au profit d’origines mer Noire ou encore argentine. »

En octobre dernier, FranceAgriMer estimait le taux moyen de protéines du blé français à 11,2 % contre 12,5 % pour le blé russe. Le cahier des charges de l’OAIC stipule que le blé importé doit atteindre un taux de protéines à 12,5 %.

Blé russe et argentin, des prix en baisse

L’OAIC a profité de la baisse de prix des blés russes et argentins à la suite de la concurrence à laquelle se livrent ces deux pays. « Les prix d’exportation du blé russe atteignent leur plus bas niveau depuis la mi-septembre », soulignait le site Investing.com ce 4 décembre.

Il ajoute que les prix du blé russe ont « diminué de 4 $/t pour se stabiliser entre 228 $ et 230 $/t ». Des prix « Free On Board », c’est-à-dire sans frais à bord ; le vendeur fournit alors les marchandises sans frais de transport et assurance. Pour les analystes de SovEcon, les exportateurs russes baissent leurs prix pour « sécuriser les ventes et maintenir leur part de marché ».

En Algérie, extensions des surfaces au Sud

Ce contrat intervient dans un contexte particulier. L’OAIC réceptionne de nouveaux silos qui devraient permettre de porter les capacités de stockage du pays à 9 millions de tonnes de céréales. Des silos progressivement raccordés au réseau ferroviaire national.

Le programme d’attributions de concessions agricoles se poursuit. À Naâma, l’investisseur Madjoud confie à la presse en ce début décembre : « J’ai bénéficié d’une superficie de 1.000 hectares, la terre est bonne et on réalise un forage jusqu’à 300 mètres de profondeur ». Enthousiaste, il poursuit : « On va cultiver du blé tendre, du blé dur, du maïs, du tournesol, élever 1.000 céréales pour brebis, engraisser des veaux ainsi que des génisses et planter une oliveraie ».

À Adrar, le 26 novembre, à l’occasion du lancement de la campagne de semis, le wali, Fodil Douifi a indiqué l’emblavement de 38.000 hectares de céréales.

À Timimimoun, le projet de mise en culture de 36.000 hectares pour la culture de blé dur en partenariat avec l’italien Bonifiche Ferraresi entre dans sa phase de réalisation.

Quant aux surfaces emblavées par les investisseurs locaux, à l’occasion du lancement de la campagne semis, le wali Benamar Souna a fait état le 2 décembre d’une augmentation de 40 % des surfaces à 14.000 hectares.

Cependant, ces semis au Sud sont tardifs et restent inexpliqués dans la mesure où la présence de pivots d’irrigation lève la contrainte des besoins en eau.

Au Nord du pays, le retard de semis reste préoccupant et particulièrement à l’Ouest où les pluies automnales ont été tardives.

Le retard des semis est tel que fin novembre, à Hammadia (Tiaret), le délégué local de l’Union nationale des pays algériens (UNPA) a exhorté les agriculteurs à semer malgré le manque de pluie. À cette occasion, il a souligné des retards dans l’approvisionnement en semences malgré une campagne d’usinage démarrée dès juillet par les CCLS.

Plus préoccupant est la poursuite de pratiques frauduleuses de certaines minoteries qui trichent sur le taux d’extraction de la farine. Elles vendent ainsi du son auquel est mélangée de la farine. Début décembre, une vidéo publiée sur les réseaux sociaux montrait une mangeoire dans une étable dont le son de blé avait une couleur anormalement blanchâtre, témoignant d’une telle fraude.

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