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L’Algérie forme « trop de médecins »

L’Algérie forme « trop de médecins »

La médecine suscite de nombreuses vocations. Les bacheliers algériens souhaitant accéder à cette filière sont de plus en plus nombreux chaque année.

Seule condition pour pouvoir être admis à la faculté de médecine en Algérie : la moyenne au baccalauréat. Moyenne fixée à un minimum de 15/20 cette année.

Ce seul et unique critère d’admissibilité  pose problème, selon le Dr Bekkat Berkani, président du conseil de l’ordre national des médecins.

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« On forme trop de médecins », a-t-il déclaré dans une vidéo  postée sur le compte de la faculté de médecine d’Alger.

« Former des médecins, c’est bien. Donner une chance aux futurs bacheliers, c’est bien. Mais dans la mesure où il n’y a pas de postes de travail, comment faire? », a-t-il questionné. « Les facultés de médecine il y en a presque partout », a remarqué le Dr Bekkat Berkani, précisant qu’il y a un excès de médecins en Algérie. Nous sommes à plus d’un médecin pour 1.000 habitants. Il faut revoir les constantes, essayer de spécialiser les médecins, et s’adapter aux pathologies ».

« Notre médecine, malgré les scanners et les centres anti-cancéreux, est restée en termes de formation, dans les années 70. C’est un problème », a-t-il déploré.

Contacté par TSA, Dr Bekkat Berkani explique qu’ »aujourd’hui, on essaie de caser le maximum de bacheliers, de façon généreuse, au détriment de la qualité et de la formation ».


Problème de la langue d’enseignement de la médecine

 

Pour le président du conseil de l’ordre national des médecins,  qui appelle à la restructuration des études en médecine en nombre et en qualité, « il serait temps de redonner un peu de niveau à la médecine ».

« Il faudrait admettre les étudiants de médecine sur des critères autres que la moyenne au baccalauréat », soutient le Dr Bekkat Berkani.

Quels seraient les bons critères selon lui? « Il faut voir ce qu’il se fait ailleurs. Certains  pays ont fait des numerus clausus (arrêtés ministériels qui fixent le nombre d’étudiants pouvant être admis à la faculté de médecine) », répond-t-il.

Autre problème soulevé par le Dr Bekkat Berkani: la langue dans laquelle est dispensée cette formation. « Pour certains étudiants, il y a un réel problème de compréhension. Ils viennent d’un baccalauréat complètement arabisé. Ils ont des difficultés dans la compréhension de la langue et de la matière médicale en elle-même », explique-t-il .

Selon lui, ce problème rend la formation médicale en Algérie « handicapante pour certains étudiants ».

« Il serait intéressant de faire au début des études médicales un perfectionnement en langues, en l’occurrence en français, et en anglais pour pouvoir appréhender les connaissances anglaises », suggère le président du conseil de l’ordre national des médecins.

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