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L’Algérie ne compte que par ses sans-papiers ? Ouyahia s’agace

L’Algérie ne compte que par ses sans-papiers ? Ouyahia s’agace

Les dirigeants européens qui effectuent des visites en Algérie sont-ils intéressés par autre chose que le rapatriement des sans-papiers algériens vivant en Europe ? Le premier ministre Ahmed Ouyahia a démenti, ce lundi, l’existence de « campagnes organisées » de rapatriement d’Algériens en situation irrégulière dans des pays européens.

« Je peux vous assurer que nous n’avons, avec aucun pays, de campagne organisée (de rapatriements) », a déclaré le Premier ministre lors d’une conférence de presse qu’il a donnée conjointement avec Guiseppe Conte, Président du Conseil des ministres italien.

Visiblement agacé, Ahmed Ouyahia a démenti les « commentaires entendus après la visite de Mme Merkel en Algérie et qui ont parlé d’un programme extraordinaire (d’expulsion d’Algériens) ». Il a affirmé qu’il y avait un « travail continu par lequel cinq ou dix personnes sont expulsées vers l’Algérie chaque semaine ».

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Moins de 10 minutes consacrées au sans-papiers

Plus de 40.000 Algériens résident en Italie de façon légale, selon Ahmed Ouyahia. Il y a dans le même pays « moins de 900 personnes dont il est dit qu’ils sont en situation de résidence illégale et qui sont Algériens, mais il y a beaucoup de personnes d’autres pays maghrébins qui vont en Italie et qui se présentent comme étant des Algériens ».

L’expulsion des Algériens résidant en situation irrégulière dans les autres pays se fait selon « des procédures normales », a affirmé Ouyahia qui a insisté sur le nombre limité de cas d’expulsions. « Il y a actuellement seulement quelques cas et non des dizaines », a-t-il précisé.

Les discussions entre Ahmed Ouyahia et son homologue italien n’ont pas été exclusivement consacrées à la question migratoire ou à l’expulsion des Algériens en situation irrégulière en Algérie.  La question des « harragas » a « pris moins de 10 minutes sur les trois heures qu’ont duré les pourparlers », a expliqué le Premier ministre.

Pas de camps de rétention de migrants illégaux

Ahmed Oyahia a réaffirmé le refus de l’Algérie d’abriter des camps de rétention de migrants illégaux. « Tout le monde sait que l’Algérie refuse l’établissement de ce genre de centres », a-t-il déclaré tout en affirmant que cette question « n’a pas été abordée » lors des pourparlers qui ont eu lieu ce lundi entre lui et son homologue italien.

La solution au problème migratoire en Méditerranée n’est pas dans « l’installation de camps », a expliqué Ouyahia. « Il faut assécher les sources de la migration illégale », a-t-il préconisé. Ce que l’Algérie essaie de faire, selon lui, en « défendant l’idée de lutter contre le terrorisme dans le Sahel et en favorisant les programmes de développement ».

« Il y a des pays comme ceux du Sahel et de l’est de l’Afrique dont proviennent des milliers de personnes qui fuient les crises, les guerres ou la famine. La réponse est dans le règlement de ces problèmes comme en Libye où la résolution du conflit favorisera la stabilité du pays, en premier, et celle de son voisinage en second », a affirmé le Premier ministre algérien.

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