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L’Algérie peut créer sa « banane méditerranéenne » !

L’ingénieur agronome Mostefa Mazouzi apporte dans cette contribution un éclairage sur son projet de relance de la culture de la banane en Algérie.

L’Algérie peut créer sa « banane méditerranéenne » !
L’Algérie peut créer sa « banane méditerranéenne » ! / Par Squirrel_photos de Pixabay
Mostefa Mazouzi
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DÉBAT. En réaction à l’article publié mercredi 12 novembre sur votre média Tout Sur l’Algérie (TSA) sous la plume de M. Djamel Belaïd, je souhaite apporter un éclairage complémentaire sur la relance de la culture de la banane en Algérie.

Cet article, bien qu’il reprenne avec justesse plusieurs éléments historiques et techniques, a suscité un débat qui mérite d’être approfondi. La question n’est pas seulement de savoir si la banane peut être cultivée en Algérie, mais comment et dans quelles conditions cette culture peut contribuer à notre sécurité alimentaire et à la diversification agricole nationale.

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Une initiative nationale, pas une fantaisie exotique

Le projet que je conduis depuis quarante ans n’a jamais eu pour objectif d’introduire un fruit tropical “étranger” à notre environnement. Il s’agit avant tout d’un projet d’adaptation agroécologique, visant à créer une banane méditerranéenne : des variétés sélectionnées pour leur adaptation, cultivées sous serre et fertilisées biologiquement à partir d’effluents piscicoles.

Ce travail est le fruit d’années de recherche et d’expérimentation, menées en partenariat avec des institutions techniques algériennes telles que la CASSDEP de Staouéli et l’ITAF de Tessala El Merdja. Il s’inscrit pleinement dans la dynamique nationale de modernisation agricole et de transition écologique.

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L’eau : un défi maîtrisé, non un handicap

La banane est souvent perçue comme une plante très consommatrice d’eau. Or, cette réputation est liée aux systèmes tropicaux de culture en plein air, utilisant jusqu’à 2.200 mm/an. En Algérie, les systèmes sous serre à irrigation localisée permettent au contraire une réduction de 60 à 70 % des besoins hydriques.

Grâce à la ferti-irrigation goutte à goutte, au recyclage des eaux d’élevage piscicole et à la restitution organique des nutriments, cette culture devient économe, durable et parfaitement maîtrisable dans les zones littorales. Elle ne concurrence en rien l’eau potable, mais participe à une gestion intégrée et raisonnée des ressources hydriques.

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Un projet économiquement rationnel et socialement porteur

En 2021, l’Algérie a importé environ 330.000 tonnes de bananes, pour une facture dépassant 250 millions de dollars. Le développement progressif d’une production nationale permettrait de créer plusieurs milliers d’emplois permanents dans les wilayas du littoral, de stimuler des filières locales (serres, conditionnement, logistique, emballage, transformation), et d’économiser des devises tout en consolidant la souveraineté alimentaire du pays.

La banane n’est donc pas un luxe importé, mais une opportunité économique et environnementale à saisir avec méthode et rigueur scientifique.

Une vision en phase avec les orientations nationales

Lors du Conseil des ministres du 2 novembre 2025, M. le président Abdelmadjid Tebboune a rappelé l’importance d’une agriculture prospective fondée sur la science, la diversification et la réduction des importations.

Le développement raisonné de la culture de la banane en Algérie s’inscrit pleinement dans cette vision : celle d’une agriculture innovante, durable et résiliente, ouverte aux partenariats scientifiques et aux nouvelles technologies.

En conclusion

L’Algérie n’a rien à perdre à explorer de nouvelles voies agricoles, mais tout à gagner à valoriser ses compétences nationales et à encourager l’innovation.

La “banane méditerranéenne” n’est pas une utopie tropicale : c’est une démonstration concrète de savoir-faire, d’adaptation et de confiance en la capacité de notre pays à produire différemment.

L’objectif n’est pas de rivaliser avec les grandes zones tropicales (productrices de bananes Dollars et Bananes ACP), mais de prouver qu’en Algérie — comme en Crète, en Jordanie ou dans d’autres régions du bassin méditerranéen — la science et la persévérance peuvent transformer une idée audacieuse en réalité innovante et productive : « la Banane Méditerranéenne »

*Mostefa Mazouzi est ingénieur agronome – Promoteur de la culture de la banane en Algérie


Important : Les tribunes publiées sur TSA ont pour but de permettre aux lecteurs de participer au débat. Elles ne reflètent pas la position de la rédaction de notre média.

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