
L’Algérie reprend les importations de blé français. Pour la première fois en juillet 2024, la France a expédié une cargaison de 5.000 tonnes de blé et 13.000 tonnes d’orge à l’Algérie, a indiqué l’agence Reuters mercredi, citant l’Office agricole FranceAgriMer.
Pour le blé, c’est une première depuis l’éclatement de la crise diplomatique entre les deux pays en juillet 2024 à la suite de la décision du président français Emmanuel Macron de reconnaître la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental occupé.
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Cette crise s’est nettement aggravée après la désignation de Bruno Retailleau à la tête du ministère de l’Intérieur en septembre de la même année, un poste qu’il a occupé jusqu’à octobre 2025.
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Pour l’orge, c’est la première fois que la France exporte cette céréale vers l’Algérie depuis trois saisons, note la même publication.
« Les exportations vers l’Algérie sont importantes, car c’est un client traditionnel. Nous espérons que cela pourra se poursuivre », a déclaré Benoît Pietrement, responsable du comité des céréales chez FranceAgriMer.
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Blé : l’Algérie change de stratégie
Longtemps principal acheteur de blé français, l’Algérie a changé de stratégie en modifiant son cahier des charges en 2020 pour ouvrir la porte de son marché aux blés de la mer Noire, notamment russe et ukrainien, moins chers que ceux en provenance de France.
De 5 à 6 millions de tonnes en 2019, les importations algériennes de blé français ont chuté à quasiment rien en 2025.
Avec la production excédentaire en Argentine, la France se retrouve confrontée à des concurrents de taille sur le marché mondial, et a dû revoir à la baisse ses exportations en dehors de l’Union européenne de 300.000 tonnes à 7,2 millions de tonnes.
En plus de la diversification de ses fournisseurs, l’Algérie investit massivement dans la production locale de céréales afin d’assurer sa sécurité alimentaire, et de réduire sa dépendance aux importations de ce produit de large consommation.
Parmi les grands projets céréaliers lancés en 2025 figure celui en partenariat entre le Fonds national d’investissement (FNI), bras financier de l’État algérien, et le groupe italien BF (Bonifiche Ferraresi), pour produire du blé dur et des légumineuses à Timimoune, un investissement de 400 millions d’euros.