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L’Algérie se dote d’un nouvel outil pour anticiper les chocs pétroliers

La Banque d’Algérie s’est dotée d’un outil moderne de prise de décision basé sur la simulation et la prévision.

L’Algérie se dote d’un nouvel outil pour anticiper les chocs pétroliers
La Banque d’Algérie vient de se doter d’un nouveau modèle mathématique Algeria macroeconomic projection model (AMPM) / Par Fares Makrouf | Dreamstime.com pour TSA
Brahim Guendouzi
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Après avoir publié en 2025 plusieurs règlements touchant le fonctionnement des banques et établissements financiers pour mettre en conformité juridique les opérations qu’elles effectuent par rapport à la nouvelle loi monétaire et bancaire nᵒ 23-09 du 23 juin 2023, la Banque d’Algérie vient de se doter d’un nouveau modèle mathématique Algeria Macroeconomic Projection Model (AMPM), élaboré avec l’aide du FMI.

Souvent, elle se trouve au centre d’un triangle de contraintes à travers lesquelles elle opère des arbitrages en termes de politique monétaire.

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Il s’agit de la politique budgétaire expansive mise en œuvre par le gouvernement, des chocs externes représentés par la forte fluctuation des cours du pétrole et de la préoccupation de l’équilibre de la balance commerciale, et enfin de la stabilité du système monétaire et financier.

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Afin d’affiner son action, la Banque d’Algérie décide de passer d’une logique réactive à une logique anticipative grâce à l’AMPM. Il s’agit d’un outil d’aide à la prise de décision avec le recours à la modélisation et aux différentes projections qui seront faites pour les principales données de l’économie algérienne.

Des prévisions rigoureuses

L’AMPM est un modèle intégré qui permet de produire des prévisions quantitatives rigoureuses des variables économiques et monétaires clés (croissance du PIB, inflation, taux de change, agrégats monétaires, etc.).

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Il s’agit ici pour le régulateur financier algérien d’introduire la culture relative à la prise de décision basée sur la simulation et la prévision, à l’instar de la plupart des banques centrales qui choisissent des modèles macroéconomiques pour guider leurs décisions.

Le recours à ce type de modèle permet, en effet, d’anticiper les chocs externes comme par exemple un retournement des cours du pétrole brut, en quantifiant les retombées sur l’économie nationale, et de pouvoir prendre rapidement les décisions adéquates.

La BA pourra alors simuler des scénarios économiques et évaluer les effets potentiels de différents choix de politique monétaire.

Le nouveau modèle repose sur un système d’équations reflétant la réalité de l’économie algérienne. Il opère une séparation entre le secteur des hydrocarbures considéré comme « exogène » et le secteur hors hydrocarbures.

Le premier dépend des prix du baril de pétrole fixés sur les marchés internationaux, générant des revenus en devises et finançant en partie le budget de l’État grâce à la fiscalité pétrolière.

Le second tire la croissance réelle, l’emploi et la consommation des ménages. Ensuite, la demande globale est traitée sous l’angle de la dépense publique et de l’effort d’investissement.

L’AMPM va aider la Banque d’Algérie à calibrer ses interventions en matière de politique monétaire, notamment en contrôlant la masse monétaire, et à agir sur la liquidité bancaire pour la stabilisation des prix.

Ce sera également le cas pour la gestion du taux de change officiel afin d’éviter que la monnaie nationale ne soit trop surévaluée, ce qui nuirait aux exportations, ni trop sous-évaluée, ce qui favoriserait le retour de l’inflation en force.

Simuler des scénarios

L’apport de cet outil mathématique pour la Banque d’Algérie est de lui permettre de simuler des scénarios et de projeter l’évolution de plusieurs indicateurs économiques et monétaires stratégiques tels que la croissance du PIB (globale et hors hydrocarbures), l’inflation, le taux de change (gestion du dinar), la masse monétaire et les équilibres extérieurs (réserves de change et balance courante).

Souvent le FMI utilise les résultats de ce type de modèle AMPM pour formuler des recommandations stratégiques à des pays. Pour le cas de l’Algérie, l’objectif est simple, il s’agit de rompre avec la dépendance de l’économie nationale aux cycles du prix du baril de pétrole brut.

*Professeur d’économie à l’université de Tizi-Ouzou

Lien permanent : https://tsadz.co/bj9vu

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