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L’Arabie saoudite veut mobiliser les pays arabes et musulmans contre l’Iran

L’Arabie saoudite veut mobiliser les pays arabes et musulmans contre l’Iran

L’Arabie saoudite a choisi la fin du Ramadhan pour organiser trois sommets arabe, islamique et khalidjite, dans ce qui est considéré comme un sans précédent dans les annales diplomatiques arabes.

La Mecque, lieu saint et symbolique pour tous les musulmans, a abrité, jeudi et vendredi 30 et 31 mai, le sommet extraordinaire des pays membres de la Ligue arabe, suivi de celui des pays du CCG (Conseil de la coopération du Golfe), dans une bousculade protocolaire inédite.

Il y a eu d’abord le sommet arabe extraordinaire, jeudi soir, après la rupture du jeûne, qui a dénoncé, selon Al Arabiya, les interventions de l’Iran dans la région arabe. La crise syrienne est citée en exemple. L’Iran est accusé « d’occuper » trois îles dans le Golfe qui seraient une extension du territoire émirati (Abou Moussa, Grande Tombe et Petite Tombe), de fournir des armes balistiques aux milices Houthis au Yémen et de « soutenir des groupes terroristes » au Bahreïn.

L’Irak s’est opposé à cette position du sommet exprimée dans la déclaration finale. Le président irakien Barham Salih a prévenu contre les dangers « d’une guerre globale » dans la région et a précisé que « toute atteinte à la sécurité des pays du Golfe est une atteinte à celle de l’Irak ». « L’Iran est un pays islamique voisin de l’Irak et des pays arabes. Nous ne voulons pas que sa sécurité soit ciblée parce que nous partageons avec ce pays 1400 km de frontières et des relations multiples. La sécurité et la stabilité d’un pays islamique voisin vont dans l’intérêt des pays arabes », a-t-il dit, en défendant l’approche d’une « sécurité commune » sans intervention dans les affaires intérieures des États.

La voix de l’Algérie éteinte

Présent à la Mecque, Noureddine Bedoui, Premier ministre, n’a pas exprimé la position de l’Algérie sur les conclusions du sommet arabe. Alignement sur la position saoudienne qui a largement influencé les travaux du sommet ? La voix de l’Algérie ne s’est pas faite entendre.

Le Roi Salmane Bin Abdelaziz, selon l’agence saoudienne SPA, a ouvertement demandé aux pays arabes de prendre « une position tranchée » sur « les actes de sabotage de l’Iran » dans la région après «les attaques », dont l’origine demeure toujours inconnue, contre quatre pétroliers dans les eaux territoriales des Émirats arabes unis, le 13 mai dernier, et contre des installations pétrolières saoudiennes par des drones piégés qui auraient été envoyés du Yémen.

L’Iran, selon le souverain saoudien, est une menace pour « la paix mondiale » en soutenant « les actions terroristes ». Salmane Bin Abdelaziz a évoqué également la nécessité de protéger « la liberté du commerce international » et « la stabilité de l’économie mondiale ». Le président égyptien Abdelfatah Sissi a déclaré que son pays soutient les Émirats arabes unis et l’Arabie Saoudite dans leur bras de fer avec l’Iran.

Politique de défense commune ?

Les questions sécuritaires ont également dominé les travaux du sommet des pays du Golfe, boycotté par le Qatar, en conflit ouvert avec Ryad et Abu Dhabi. Le sommet a demandé « à la communauté internationale » de prendre des mesures dissuasives contre l’Iran.

Téhéran est accusé d’apporter le soutien logistique aux milices Houthis qui, selon la déclaration finale du sommet, auraient tiré 225 roquettes et envoyé 155 drones vers le territoire saoudien, ces derniers mois.

Le sommet du CCG a également étudié « la politique de défense » des pays du Golfe, selon le principe de « la sécurité collective intégrée ». Principe qui fait qu’une attaque contre un pays, membre du Conseil, est considérée comme une agression contre les autres pays.

Les pays du Golfe ont demandé à l’Iran « d’éviter de mener la région vers la guerre » en soutenant « des milices et des groupes terroristes » et en menaçant les routes maritimes. Dans la même déclaration, les États membres du CCG ont salué « le niveau de concertation » avec les États-Unis et évoqué « un partenariat stratégique ».

Ils ont exprimé leur appui « à la stratégique américaine » contre l’Iran en citant « le programme nucléaire et le plan de développement des missiles balistiques » de la République islamique.

Le 14e Sommet de l’Organisation de la Conférence islamique (OCI), réuni à la Mecque aussi ce samedi 1er juin, a apporté un appui « sans limites » à Ryad dans tout ce qu’il va entreprendre pour « assurer sa sécurité et celle des approvisionnements » de pétrole.

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