
Dévoilé jeudi, le voyage en Algérie du ministre français de l’Intérieur Laurent Nuñez est confirmé ce vendredi 13 février par l’intéressé lui-même. « Oui, je me rends en Algérie lundi et mardi », a déclaré Laurent Nuñez à des médias, dévoilant aussi les thématiques qu’il abordera avec ses vis-à-vis algériens.
La visite de Nuñez survient après plus de 18 mois de crise politique aiguë entre les deux pays. C’est le premier déplacement en Algérie d’un responsable français de ce rang depuis la visite du chef de la diplomatie Jean-Noël Barrot en avril dernier, une visite qui avait permis d’enclencher un processus de rapprochement, toutefois vite avorté par l’arrestation d’un agent consulaire algérien en France. Alger avait accusé nommément le ministre de l’Intérieur de l’époque, Bruno Retailleau, d’avoir provoqué le retour à la case départ de la crise.
A lire aussi : Imane Khelif dément sa retraite et accuse son ex-manager de trahison
Nommé début octobre dernier en remplacement de Retailleau, Laurent Nuñez s’est très vite démarqué du ton de son prédécesseur. À peine en poste, il a annoncé avoir reçu et « accepté » une invitation de son homologue algérien. La visite a toutefois tardé à se concrétiser.
A lire aussi : Visas diplomatiques : l’Algérie accuse la France de « mauvaise foi »
Après des discussions techniques, la France et l’Algérie passent « à la phase politique »
Début février, le ministre français a posé des « conditions » pour se rendre en Algérie, exigeant notamment des « avancées » dans le dossier du journaliste français détenu en Algérie, Christophe Gleizes, et sur la question de l’exécution des OQTF ciblant des ressortissants algériens en France.
Une semaine après, son déplacement à Alger est annoncé, sans ses préalables. Interrogé ce samedi par des journalistes à Paris, il a confirmé. « Oui, je me rends en Algérie lundi et mardi (17 et 18 février, ndlr), pour avoir une réunion avec mon homologue, le ministre de l’Intérieur, qui m’avait invité », a dit Laurent Nuñez.
A lire aussi : L’Algérie instaure un triple contrôle des importations
Le ministre français a indiqué qu’il y a eu « une phase de préparation entre services, au niveau technique » et que les deux parties passent maintenant « à la phase politique ».
Trois dossiers sur la table
Concernant les points à l’ordre du jour de la visite, Nuñez a indiqué que « toutes les questions de sécurité » seront discutées, citant, sans surprise, la question migratoire et la lutte contre le trafic de drogue.
« J’irai à une réunion de travail pour discuter de toutes les questions de sécurité qui intéressent la France et l’Algérie. Ça concerne le trafic de stupéfiants, l’immigration illégale et bien d’autres sujets que je vais aborder avec mon homologue algérien et nos équipes techniques », a-t-il indiqué.
La France veut obtenir des avancées sur trois sujets principaux : la coopération sécuritaire et le retour des agents français expulsés d’Alger en avril dernier, la révision de l’accord de 1968 et la délivrance des laissez-passer consulaires pour l’expulsion des clandestins algériens.