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LDC : les clubs maghrébins s’illustrent, les Algériens à la traîne

LDC : les clubs maghrébins s’illustrent, les Algériens à la traîne

Les deux clubs algériens engagés en Ligue des champions d’Afrique n’iront pas aux quarts de finale de la compétition.

L’USM Alger et la JS Kabylie viennent de voir leurs derniers espoirs de qualification s’évaporer définitivement suite à leurs défaites respectives samedi et dimanche, au Maroc face au Wydad de Casablanca (3-1) et en RDC devant l’AS Vita Club (4-1).

Deux lourdes défaites qui n’ont en fait rien d’un accident de parcours, puisque elles font suite à des performances chaotiques des deux représentants algériens depuis le début de la phase des poules.

Pour les Algérois, il s’agit de la troisième défaite de suite après avoir été battus en aller et retour par les Sud-Africains de Mamelodi Sundowns sur le même score (2-1). Pour ses deux premiers matchs, l’USMA avait fait match nul à domicile devant les Marocains du WAC (1-1) et ramené un point de l’Angola devant Petro Luanda (1-1 également). Avec deux points en cinq matchs, l’équipe drivée par Dziri Billal pointe à la dernière place d’un groupe C dominé par le WAC et Sundowns, tous les deux qualifiés.

La JSK a fait légèrement mieux en battant lors du premier match les Congolais de Vita Club (1-0 à Tizi-Ouzou), mais la suite sera une successions de contre-performances. Défaite à Tunis face l’Espérance (1-0), puis à Casablanca devant le Raja (2-0) et un nul à domicile face au même adversaire (0-0), avant cette humiliation en terres congolaises qui constitue la plus lourde défaite du club en compétition africaine après celle de 1993 en Coupe des coupes devant les Ivoiriens d’Africa Sport (4-0). À une journée de la fin, le club phare de la Kabylie pointe à la dernière place du groupe D (4 points). Logiquement, l’ES Tunis et le Raja se qualifient pour les quarts.

La sortie prématurée des représentants algériens interpelle car elle survient au moment où les clubs nord-africains s’illustrent dans la compétition. Les deux animateurs de la finale de l’édition 2019, l’EST et le Wydad sont de nouveau en quarts, de même que le Raja et les Égyptiens du Zamalek, deuxième du groupe A.

Dans le groupe B, les deux billets qualificatifs se joueront lors de la dernière journée entre trois autres équipes nord-africaines, l’Étoile du Sahel (Tunisie), le Ahly du Caire (Égypte) et le Hilal Omdurman (Soudan). En quarts de finale, il y aura donc six clubs d’Afrique du Nord, deux seulement de l’Afrique noire et aucun représentant algérien. Dans l’autre compétition, la Coupe de la Confédération, seul le PAC est encore en lice pour la qualification, le CRB n’ayant même pas atteint la phase des poules, lui qui vient de terminer champion d’hiver en compétition locale. La déconfiture des clubs algériens interpelle aussi car elle intervient quelques mois seulement après le sacre de l’équipe nationale en Coupe d’Afrique des nations, en juillet dernier.

Un mal profond

Pourquoi un tel déphasage entre les clubs et la sélection et surtout entre les équipes algériennes et leurs homologues des pays voisins ? La dernière victoire d’un club algérien en LDC (et la seule dans la nouvelle formule de la compétition) remonte à 2015, œuvre de l’Entente de Sétif. La consécration de l’Aigle noir faisait suite à une très longue période de disette (aucun trophée depuis la victoire de la JSK en Coupe de la Caf en 2002). Sans doute que le « professionnalisme » dont est affublé le championnat local est à revoir foncièrement.

Les péripéties qu’ont vécues l’USMA et la JSK depuis le début de la saison en disent long sur la précarité que vivent les clubs algériens et la gestion hasardeuse qui les caractérisent. Le club algérois, longtemps à l’abri du besoin grâce à son rachat par un puissant groupe économique privé, l’ETRHB des frères Haddad, s’est retrouvé livré à lui-même après l’emprisonnement de son patron et les mesures judiciaires prises à l’encontre du groupe.

Depuis, l’ambiance qui règne au sein de l’équipe ne prête pas au travail et à la concentration avec des joueurs qui réclament régulièrement leurs salaires et des supporters qui en sont venus à descendre dans la rue pour exiger une solution à la situation juridique de leur club.

La JSK, elle, fait les frais des décisions précipitées de sa direction. La saison dernière, elle a fait un excellent parcours en championnat, ne perdant le titre qu’à l’issue de la dernière journée au profit de l’USMA justement, dans des conditions discutables. Mais contre toute attente, le coach français Frank Dumas est remercié à l’intersaison, de même que des joueurs considérés comme des cadres de l’équipe. Le recrutement effectué s’est avéré infructueux et l’entraîneur engagé, l’autre Français Hubert Velud, n’a rien pu faire. Il a été remercié il y a une dizaine de jours.

Sur le banc face à Vita Club samedi, il y avait l’auteur du dernier sacre africain du club (la coupe de la Caf de 2002), le Français Jean-Yves Chay. Mais au vu du résultat final, il semble que le mal de la JSK -et sans doute de tous les clubs algériens- se situe ailleurs que dans le staff technique.

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